Inde-Pakistan: une rencontre dans un contexte diplomatique à nouveau tendu

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Publié le 4 juillet 2012.

NEW DELHI - De hauts responsables de la diplomatie indienne et pakistanaise se sont rencontrés mercredi à Delhi pour poursuivre le fragile dialogue de paix, miné par de nouvelles tensions liées à des accusations sur la responsabilité d'Islamabad dans les attentats de Bombay en 2008.

Ces deux pays voisins d'Asie du sud, dotés de l'arme nucléaire, avaient suspendu leur processus de paix débuté en 2004 après les sanglants attentats qui avaient fait 166 morts. Le dialogue de paix a repris dans son intégralité en février 2011, offrant jusqu'ici peu d'avancées concrètes.

Une source au sein du gouvernement indien a reconnu que les discussions mercredi entre le secrétaire indien aux Affaires étrangères, Ranjan Mathai, et son homologue pakistanais, Jalil Abbas Jilani, avaient pour seul objectif de maintenir "le processus de dialogue sur les rails".

Leur rencontre avait été fixée à fin juin mais elle a dû être repoussée en raison de l'incertitude qui a suivi la destitution de Yousuf Raza Gilani au poste de Premier ministre du Pakistan par la Cour suprême.

Les analystes estiment que la situation politique interne au Pakistan a ralenti l'avancée du dialogue de paix entre les deux pays rivaux, qui se sont fait trois fois la guerre depuis la partition du sous-continent en 1947.

De nouvelles tensions ont en outre émergé après l'arrestation le 21 juin d'un suspect présumé clé dans l'organisation des attentats de Bombay, perpétrés par un commando de dix hommes lourdement armés basés au Pakistan.

Le ministre indien de l'Intérieur, P. Chidambaram, a affirmé la semaine dernière que l'interrogatoire du suspect, Sayed Zabiuddin Ansari, un Indien membre du groupe islamiste basé au Pakistan Lashkar-e-Taïba (LeT), confirmait les accusations de l'Inde concernant une implication de l'Etat pakistanais.

Ansari, aussi connu sous le nom d'Abu Hamza, a reconnu avoir aidé à coordonner les attentats depuis un poste de commande situé à Karachi (sud du Pakistan). Pour l'Inde, ses aveux confirment l'implication d'"éléments étatiques" pakistanais.

Les services de renseignement pakistanais (ISI) sont souvent accusés de collusion avec des groupes extrémistes islamistes tels que le LeT, voire de les instrumentaliser à des fins stratégiques.

Le Pakistan, qui ne cesse de démentir ces allégations, a poursuivi en justice sept personnes pour leur rôle présumé dans les attentats, mais leurs procès, qui ont débuté en 2009, ont été maintes fois reportés.

"Le jeu des accusations a repris une nouvelle fois et la rencontre entre les deux secrétaires intervient à un tournant crucial", a estimé Wilson John, un expert en politique étrangère au sein du groupe de réflexion indépendant Observer Research Foundation, basé à New Delhi.

Islamabad a demandé à l'Inde de partager ses informations sur Hamza, pour lui permettre le cas échéant de "prendre des mesures", et l'a invité à ne pas l'accuser prématurément.

De fait, le ministre indien des Affaires étrangères, S.M. Krishna, a déclaré mardi que les informations recueillies auprès du suspect devraient être confirmées par d'autres sources.

"A ce moment là, nous devrons évaluer si nous pouvons croire le Pakistan ou non", a-t-il déclaré à des journalistes de retour d'une visite au Tadjikistan, évoquant au passage "le grand regret" de voir le fondateur du LeT, Hafiz Saeed, accusé d'être le cerveau des attentats, "circuler librement au Pakistan".

Les Etats-Unis ont récemment promis une récompense de 10 millions de dollars pour des informations permettant la capture de Saeed.

© 2012 AFP
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