Trois explosions quasi-simultanées se sont produites ce mercredi à Bombay, la capitale économique et financière de l'Inde, faisant au moins 20 morts et 113 blessés, dont de nombreuses grièvement, selon le ministère indien de l'Intérieur. Ce dernier a confirmé qu'il s'agissait d'une attaque terroriste et la capitale économique est en état d'alerte. C'est l'attentat le plus meurtrier dans la capitale financière de l'Inde depuis les sanglantes attaques d'un groupe islamiste en 2008
Deux des explosions ont été enregistrées dans le sud de la ville, dans le secteur d'Opera House et au marché d'or et d'argent de Zaveri Bazaar. La troisième a eu lieu dans le centre-ville, dans une voiture garée à proximitée d'un arrêt de bus. La police note que les attaques ont eu lieu aux heures de pointes, dans des endroits bondés. La police indienne a également annoncé qu'une quatrième bombe, qui n'a pas explosée, a été retrouvée. Les bombes ont explosé dans un intervalle de 15 minutes à partir de 18h50 locales (15h20, heure de Paris).
«Il est clair que les auteurs voulaient toucher le plus de monde possible. De nombreuses personnes ont été blessées», a déclaré à des journalistes un ministre du gouvernement local, Chhagan Bhujbal. Le ministre de l'Intérieur a convoqué une réunion de haut niveau tandis qu'une équipe des services fédéraux d'investigation a été dépêchée à Bombay. Les attentats n'ont pas été revendiqués, mais les soupçons se portaient sur deux groupes islamistes qui ont déjà frappé en Inde ces dernières années: les Moudjahidines indiens et le Lashkar-e-Taïba (LeT), basé au Pakistan.
Ces quartiers fréquentés situés dans le sud de Bombay sont en effet les mêmes que ceux visés en novembre 2008, quand Bombay avait été la cible d'un commando armé dont les membres, venus du Pakistan, avaient semé la terreur pendant trois jours, faisant au moins 166 morts. «C'est une nouvelle attaque au coeur de l'Inde, une nouvelle attaque contre Bombay», a déclaré Prithviraj Chavan, le chef du gouvernement du Maharashtra, dont Bombay est la capitale. Il a fait allusion à une possible implication étrangère en affirmant que c'était un «défi à la souveraineté indienne».
Des témoins à l'extérieur du bâtiment abritant des courtiers dans le sud de Bombay ont déclaré qu'une voiture piégée avait explosé vers 18h45, au moment où le quartier grouillait d'employés rentrant chez eux. «Il y avait beaucoup de gens sérieusement blessés. Nous ne savons pas combien sont morts mais c'était une très grosse explosion», a rapporté à l'AFP Nimesh Mehta, 38 ans, qui tient un stand d'alimentation. «C'était une attaque lâche», a témoigné Ravinder Singh, 48 ans. «C'était des innocents, pauvres comme riches.»
Le dernier attentat en Inde s'est produit en février 2010 à Pune, dans l'ouest du pays. Une explosion avait frappé un restaurant bondé, faisant seize morts. En 2006, une série de sept puissantes explosions dans des trains de banlieue à Bombay avaient tué 187 passagers et fait 800 blessés, des attaques dans lesquelles l'Inde avait aussi vu la main de groupes rebelles basés au Pakistan.