Charles Sobhraj, le serial killer français qui a ensanglanté le sous-continent indien

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Publié le 28 juillet 2010.

JUSTICE - Le «Serpent», accusé d'une vingtaine de meurtres dans les années 1970 de jeunes «routards» en Inde, en Thaïlande et au Népal, doit être fixé sur son sort en appel ce mercredi...

Charles Sobhraj, 66 ans, condamné par la justice népalaise à la perpétuité pour un meurtre commis en 1975, va savoir ce mercredi ce que la Cour suprême du Népal a décidé quant à sa procédure d'appel. Son nom est souvent inconnu, pourtant, Charles Sobhraj est l’un des tueurs en série français les plus prolifiques. Surnommé le «Serpent», il est accusé  de plus de vingt meurtres, des touristes qu’il a droguées, volées et tuées, dans les années 1970, à travers le sous-continent indien.

Délinquance

Charles Sobhraj naît le 6 avril 1944 à Saigon. Après la séparation de ses parents en 1947, il vit d’abord avec son père, qui ne s’en occupe pas. Sa mère, désormais mariée à un Français, le récupère quatre ans plus tard et le ramène en France. Marqué par la sévérité de cette dernière, Charles Sobhraj sombre dans la délinquance au début des années 60. Ses délits: principalement des vols, qui le mènent en prison.

A sa libération en 1970, il quitte la France pour Bombay. Là, il commence à voler les touristes, principalement des hippies à la recherche de la Révélation sur les routes du Sud-Est asiatique, avec le mode opératoire qui sera par la suite sa signature: beau-parleur et polyglotte, il se lie d'amitié avec ses victimes, avant de les droguer et de les détrousser. Il découvre les geôles indiennes à la même époque, pour un vol de bijoux. Il démontre alors une habilité à s’évader - en droguant un gardien – ce qui lui vaut son surnom de «Serpent».

«Bikini killer»

Vite rattrapé, il sort de prison en payant sa caution, et quitte l'Inde pour l’Afghanistan, où il continue de voler les touristes. En 1973, emprisonné à Kaboul, il parvient de nouveau à s'évader. On le retrouve en Grèce l’année suivante, toujours en prison pour vol de bijoux, et s’évadant encore pour regagner l’Inde. À l'automne 1975, Charles Sobhraj sévit à Bangkok, sous différents pseudonymes (Alain Dubois, Alain Gauthier, Roland Liser, Jacques-Pierre Marchand, Charles Surder) et avec une équipe de plusieurs personnes.

Le 17 octobre 1975, il passe à la vitesse supérieure: il rencontre Teresa Ann Knowlton, une jeune touriste américaine de 18 ans dans une boîte de nuit sur la plage de Pattaya. Il la drogue avant de la transporter sur la plage, de lui mettre un bikini et de l'étrangler. C’est le premier des «assassinats en bikini», qu’il commet en Thaïlande, en Inde et au Népal. S’en suivront de nombreux autres, dont celui de l'Américaine Connie Jo Bronzich, commis le 18 décembre suivant à Katmandou. Il est surnommé le «bikini killer».

Excès de confiance?

Après avoir réussi à brouiller les pistes, en se servant du passeport de ses victimes, Charles Sobhraj est finalement arrêté en 1976 en Inde. Il y purge 21 ans de prison pour les différents vols et meurtres commis sur ce territoire. Se sachant sur le point d’être livré à la justice thaïlandaise, il s’évade de la prison de New Delhi, en 1986, en distribuant des sucreries empoisonnées aux gardiens le jour de son anniversaire. Cette évasion lui vaut une prolongation de peine, et lui évite une extradition vers la Thaïlande, où il risque la peine de mort. Lorsqu’il sort finalement de prison, 11 ans plus tard, le mandat d'arrêt thaïlandais a expiré.

Charles Sobhraj rentre alors à Paris. Devenu célèbre grâce à la médiatisation de son procès à New Delhi quelques années plus tôt, il monnaye très cher ses interviews. Peut-être par excès de confiance en lui, il commet l’erreur de revenir au Népal, où il sera arrêté en septembre 2003. En août suivant, il sera condamné à la perpétuité, soit au maximum vingt ans de prison, pour le meurtre de Connie Jo Bronzich.

Sobhraj fait appel de cette condamnation, affirmant qu'il ne se trouvait pas à Katmandou au moment du décès de la jeune femme, mais sa demande est rejetée en 2005. Il saura ce mercredi si la deuxième est elle aussi rejetée.

Bérénice Dubuc
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