714 millions d'Indiens appelés aux urnes

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Publié le 16 avril 2009.

ELECTIONS - Ils vont désigner les 543 députés de l'Assemblée du peuple. Mais l'absence d'un parti fort risque de déboucher sur une coalition sans cohérence idéologique...

C'est un véritable marathon électoral. 714 millions d'électeurs, 828.000 bureaux de vote, un scrutin étalé sur un mois. L'Inde a donné le coup d'envoi, ce jeudi, des élections législatives. Mais peu de surprises sont attendues et le scrutin devrait déboucher sur un fragile gouvernement de coalition, alors que le pays est frappé par la crise venue d'Occident et le terrorisme en Asie du Sud.
 
Vanté comme le «plus grand exercice démocratique au monde», le scrutin s'échelonne jusqu'au 13 mai, en cinq phases, pour que les Indiens désignent les 543 députés de l'Assemblée du peuple représentant 35 Etats et territoires de l'Union indienne.
 
Des revendications basiques
 
Pour la première étape, 143 millions d'Indiens - la population de la Russie - étaient appelés aux urnes dans 17 Etats du nord, de l'est et du sud, dont certains affectés par une extrême pauvreté ou par des rébellions maoïstes, islamistes ou régionalistes. Plus de six millions de policiers, soldats et observateurs civils surveilleront pendant un mois les bureaux de vote disséminés de Bombay à la frontière birmane et du Cachemire au Kerala.
 
Aux quatre coins de ce mastodonte de 1,17 milliard de citoyens, des électeurs de tous âges et toutes conditions sociales ont fait patiemment la queue, sous un soleil de plomb. «Comme citoyens de ce pays, nous réclamons des choses simples: de l'électricité, de l'eau et du travail pour nos jeunes», a lancé Chotte Lal Singh Patel, 60 ans, qui votait dans l’une des villes saintes de l'hindouisme, Bénarès, soulignant que l'Inde est travaillée par de criantes inégalités sociales. «Pour moi, il n'y a que deux partis qui comptent», a-t-il assuré.
 
Pas de majorité écrasante
 
Mais ni le Parti du Congrès au pouvoir - présidé par Sonia Gandhi, l'influente héritière de la dynastie Nehru-Gandhi, ni l'opposition de la droite nationaliste hindoue du Parti du peuple indien (BJP) de Lal Krishna Advani, 81 ans, n'auront assez de sièges pour gouverner seul.
 
Des sondages donnent toutefois le Parti du Congrès du Premier ministre Manmohan Singh, un sikh de 76 ans, devant le BJP. Le résultat, le 16 mai, reste totalement ouvert et la formation d'un gouvernement de coalition se fera sur des alliances post-électorales «purement circonstancielles et sans cohérence idéologique» entre partis nationaux et formations régionales, prédisent des analystes.
 
Une intouchable comme Premier ministre?
 
Ainsi, la chef du gouvernement de l'Etat septentrional de l'Uttar Pradesh, qui compte 182 millions d'habitants et 80 sièges à l'Assemblée, l'hindoue «intouchable» Mayawati Kumari pourrait être «la faiseuse de roi» pour le Congrès ou le BJP, voire devenir Premier ministre d'un attelage hétéroclite de petits partis. Tout se «jouera au cours d'une "sixième phase" après le 16 mai», pronostique Yogendra Yadav, du Centre pour l'étude des sociétés en développement à New Delhi.
 
Le Congrès et le BJP ont eu beau faire campagne sur des enjeux nationaux comme l'impact de la récession en Occident, la lutte contre la pauvreté, les infrastructures, l'éducation ou le combat contre le terrorisme, le vote se détermine sur des enjeux locaux et régionaux, observent des politologues. «Il faudrait pourtant un gouvernement fort qui permette à l'Inde de résister à la crise économique mondiale, à l'instabilité en Asie du Sud et à régler nos relations avec le Pakistan», gelées depuis les attentats de Bombay en novembre, déplore l'analyste Rasheed Kidwai. 
MD (Avec agence)
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