Tuerie de Chevaline: cinq gendarmes français enquêtent désormais au Royaume-Uni

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Publié le 9 septembre 2012.

Cinq gendarmes français enquêtent désormais au Royaume-Uni sur ...

Cinq gendarmes français enquêtent désormais au Royaume-Uni sur la tuerie dont a été victime en Haute-Savoie une famille britannique, dans des conditions dont l'autopsie a fini de démontrer la sauvagerie, les victimes ayant reçu chacune deux balles dans la tête.

 

Une perquisition, qui pourrait durer jusqu'à dimanche, a commencé samedi à Claygate, dans la banlieue de Londres, en présence de plusieurs de ces gendarmes. L'enquête promet d'être "longue et complexe", a annoncé le colonel Marc de Tarlé, chef du bureau des affaires criminelles de la gendarmerie, lors d'une courte déclaration devant les locaux de la police du comté du Surrey, banlieue cossue du sud de Londres où résidaient les al-Hilli.

Aucun détail n'a été donné sur ce qui avait pu être découvert samedi.

En France, lors de ce qui sera sa dernière conférence de presse avant au moins "le milieu de la semaine prochaine", le procureur de la République d'Annecy Eric Maillaud a révélé que les quatre victimes décédées mercredi après-midi sur une route forestière à Chevaline, Saad al-Hilli, sa femme Iqbal, une proche âgée de nationalité suédoise qui se trouvait dans la même voiture, et un cycliste français qui passait par là, ont toutes succombé à plusieurs balles, dont, pour chacune, deux logées dans la tête.

Il s'est refusé à toute précision sur les résultats des expertises balistiques, alors que la découverte de près de 25 douilles pourrait évoquer la présence de plusieurs tueurs. "Je ne répondrai à aucune question sur ce point", a-t-il dit. Les avancées concernant le véhicule du tireur --4X4, moto ou autres-- restent aussi secrètes.

Citant des sources anonymes, la télévision britannique Sky a assuré, sans autres précisions, que les enquêteurs avaient découvert deux téléphones portables dans la voiture.

La Suisse et l'Italie voisines, à un peu plus d'une heure de route du lieu du crime, restaient mobilisées samedi dans l'éventualité d'une fuite du ou des tueurs.

M. Maillaud a indiqué qu'on "cherchera également à s'intéresser à l'ensemble des personnes qui peuvent graviter autour de la famille des défunts", notamment "toutes les personnes de la famille dans l'environnement immédiat". Le procureur a salué au passage "la parfaite coopération" entre enquêteurs britanniques et français. M. de Tarlé de son côté a considéré qu'elle se passe "pour le mieux".

A Claygate, protégés des regards par un cordon devant la maison, et une tente dans l'allée, les enquêteurs français et britanniques espèrent notamment avoir accès à l'ordinateur de M. al-Hilli, qui dirigeait sa petite société informatique Shtech depuis son domicile, afin d'y trouver éventuellement une explication professionnelle ou personnelle à la tuerie.

Le procureur a insisté sur le fait que le frère de Saad al-Hilli serait entendu, "comme tous les membres de la famille al-Hilli", sur fond de conflit d'argent entre les deux hommes que nie le frère de la victime, selon M. Maillaud.

Interrogé sur le fait que le différend est "sur fond d'évasion fiscale", il a dit: "J'aurais préféré que la police anglaise se montre plus discrète sur ce point".

Les al-Hilli, amateurs de camping et aimant la France, passaient leurs vacances en caravanes à proximité du lac d'Annecy. Seules leurs fillettes âgées de 7 et 4 ans ont réchappé de ce qui ressemble à une exécution, mais l'aînée a été grièvement blessée.

Une enquête judiciaire pour "assassinats" et "tentatives d'assassinats" a été ouverte en France, où 25 gendarmes ont repris des recherches sur une zone élargie autour des lieux de la tuerie pour faire "un ratissage large".

M. al-Hilli, installé depuis longtemps en Grande-Bretagne, travaillait depuis près de deux ans pour la société de microsatellites Surrey Satellite Technology Limited (SSTL), appartenant à Astrium, elle-même filiale du géant aéronautique EADS.

Les enquêteurs espèrent toujours pouvoir recueillir des éléments du "témoin clef" de la tuerie, Zaïnab, sept ans, grièvement blessée au crâne, toujours plongée dans un coma artificiel à l'hôpital de Grenoble. Sa cadette Zeena, quatre ans, est physiquement indemne après être restée cachée huit heures aux pieds de sa mère morte. La fillette, "a entendu mais rien vu" du drame, selon le procureur, et "ne sera plus réentendue" par les enquêteurs.

Vendredi soir, des membres de leur famille sont arrivés en France, "un oncle ou une tante" selon le procureur. La police britannique a prévu de déployer aussi des "officiers spécialisés dans les liens familiaux".

© 2012 AFP
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