GB: Aung San Suu Kyi approuve Londres d'avoir invité le président birman

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Publié le 21 juin 2012.

LONDRES - Le gouvernement britannique a annoncé avoir invité le président birman au Royaume-Uni, ouvrant la porte à une normalisation accrue des relations avec la Birmanie, alors que la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi s'adressait solennellement au parlement de Westminster.

"Je suis ici en partie pour demander une aide pratique, en tant qu'amie et qu'égale, un soutien aux réformes qui peuvent apporter des vies meilleures et de nouvelles opportunités au peuple de Birmanie", a-t-elle lancé lors de son discours dans Westminster Hall, un honneur rare conféré avant elle à Nelson Mandela ou au général de Gaulle.

Aung San Suu Kyi, les traits un peu tirés au 9e jour de sa tournée internationale, mais très élégante dans une longue robe traditionnelle prune, fleurs blanches piquées dans les cheveux, a été ovationnée par les parlementaires.

Une heure plus tôt, la "dame de Rangoun" avait approuvé la décision du Premier ministre David Cameron d'inviter le président -et ex-général- Thein Sein, lors d'une conférence de presse commune avec M. Cameron.

"Je suis d'accord", a-t-elle dit, ajoutant: "Nous ne devons pas nous laisser entraver par le passé" mais au contraire "l'utiliser pour construire le futur".

David Cameron a justifié sa décision par le "processus de réforme en cours en Birmanie", ajoutant: "pour qu'il aboutisse, nous devons travailler avec le régime".

Il a promis d'"investir dans le renforcement de la démocratie birmane".

Après 24 ans d'isolement dans son pays, l'opposante birmane a reçu un accueil de star pour cette première tournée historique de 17 jours en Europe, dont une semaine particulièrement émouvante au Royaume-Uni où elle a rencontré son défunt mari et fondé une famille, avant d'endosser en 1988 un rôle politique en raison duquel elle a été coupée du monde pendant un quart de siècle.

L'invitation lancée au milieu de cette visite symbolique au président de l'ancienne colonie britannique place le Royaume-Uni aux avant-postes du rapprochement avec la Birmanie.

David Cameron avait déjà été le premier chef de gouvernement occidental à se rendre dans le pays asiatique depuis le coup d'Etat militaire de 1962. Il avait alors rencontré le président Thein Sein, un ex-général crédité dans le monde entier de l'impulsion réformatrice engagée après l'auto-dissolution de la junte en 2011. C'est aussi lors de cette visite qu'il avait invité Aung San Suu Kyi à se rendre en Grande-Bretagne en juin.

Depuis, le parti de Mme Suu Kyi a remporté en avril lors d'élections partielles 43 sièges sur les 44 qu'il briguait, devenant la première force d'opposition du pays avec quelque 10% des députés.

Un processus unanimement salué par la communauté internationale, mais qui reste fragile.

Au pouvoir depuis mars 2011, le président Thein Sein est confronté à l'une des pires crises de son mandat

Le pays est secoué depuis le début du mois par un cycle de violences entre membres de l'ethnie bouddhiste rakhine et musulmans.

Les réformes entamées demandent à être poursuivies, a martelé Aung San Suu Kyi au cours de sa visite, réclamant notamment l'amendement de la constitution.

La Birmanie a été encouragée dans la voie des réformes par la suspension ou la levée par de nombreux pays des sanctions en place depuis la fin des années 90.

En avril, l'Union européenne a mis entre parenthèses pour un an ses sanctions politiques et économiques, à l'exception de l'embargo sur les armes, et Washington a annoncé le mois dernier la nomination d'un ambassadeur en Birmanie et la levée de certaines restrictions aux investissements.

© 2012 AFP
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