WikiLeaks: L'Australie promet son aide diplomatique à Julian Assange

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Publié le 20 juin 2012.

JUSTICE- Il risque une extradition vers la Suède, qui souhaite l'entendre dans une affaire de viol...

Julian Assange a provoqué un nouveau coup de théâtre en se réfugiant mardi à Londres à l'ambassade d'Equateur, pays à qui il demande l'asile politique après avoir épuisé en 18 mois de bataille juridique tous ses recours au Royaume-Uni pour échapper à une extradition en Suède.

«Je confirme que je suis arrivé aujourd'hui à l'ambassade d'Equateur où j'ai cherché un sanctuaire diplomatique et demandé l'asile politique. Cette demande a été transmise au ministère des Affaires étrangères à Quito», a déclaré le fondateur de WikiLeaks dans un communiqué diffusé en début de soirée.

Dans le même temps, la Première ministre australienne Julia Gillard a assuré que son pays allait offrir son assistance consulaire à Julien Assange. «La position du gouvernement australien dans les affaires où existe la peine de mort est bien connue et s'applique à tout ressortissant australien: [...] nous nous opposons à l'extradition», a déclaré Julia Gillard lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet du G20 à Los Cabos au Mexique.

>>De quoi est accusé Julian Assange? Le point par ici.

Aux abonnés absents pendant plus de trois heures, le Foreign Office s'est fendu dans la soirée d'un communiqué précisant «qu'en raison de sa présence à l'ambassade équatorienne, Julian Assange se trouvait en territoire diplomatique, hors de portée de la police». «Nous chercherons à résoudre cette situation aussi vite que possible avec les autorités équatoriennes», a ajouté le ministère.

Depuis son arrestation en décembre 2010, l'Australien de 40 ans, fondateur de WikiLeaks, est soumis à un régime de liberté conditionnelle qui l'oblige à porter un bracelet électronique, à respecter un couvre-feu et à se présenter régulièrement à un commissariat.

La police suédoise souhaite l'entendre dans le cadre d'une affaire de viol et d'agressions sexuelles envers deux Suédoises. Pour sa part, Assange assure avoir eu des relations sexuelles consenties, et se déclare victime d'un complot.

«Persécuté, calomnié...»

Les Etats-Unis chercheraient, selon lui, à le réduire au silence, après la divulgation par son site WikiLeaks de centaines de milliers de dépêches militaires sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan, puis de câbles diplomatiques par la suite. Il s'est aussi régulièrement plaint d'avoir été délaissé par son propre pays, prévenant que s'il finissait par être extradé aux Etats-Unis, il pourrait y encourir la peine de mort pour espionnage.

Le nouveau rebondissement a été dévoilé à Quito par le chef de la diplomatie équatorienne, Ricardo Patiño. «Julian Assange a demandé l'asile politique auprès de la mission diplomatique de l'Equateur à Londres» et le «gouvernement équatorien examine cette requête», a-t-il dit à la presse.

Fin 2011, le vice-ministre équatorien des Affaires étrangères avait déjà suggéré à titre personnel d'offrir l'asile à Julian Assange, une proposition finalement rejetée par le président du pays Rafael Correa. En avril dernier toutefois, Rafael Correa avait été interviewé sur Internet par Julian Assange. Il avait alors estimé que ce dernier avait été «persécuté, calomnié et lynché médiatiquement», tout en le décrivant comme l'homme qui avait «mis en échec» les Etats-Unis.

De plus en plus isolé

Un porte-parole de l'ambassade équatorienne, établie dans un quartier chic de l'ouest de la capitale britannique, a indiqué que Quito entendait recueillir «les points de vue des gouvernements du Royaume-Uni, de la Suède et des Etats-Unis (...) afin de rendre une décision appropriée, conforme au droit international».

A la nuit tombée, plusieurs dizaines d'équipes de télévision, de photographes et reporters ont commencé à faire le siège des locaux diplomatiques en briques rouges situé derrière le célébrissime magasin Harrods. Les journalistes ont sonné en vain à la porte et frappé aux fenêtres, mais aucun diplomate n'est venu ouvrir. Aucun dispositif policier n'était visible.

Les possibilités pour Julian Assange d'échapper à une extradition semblent s'être évanouies quand la Cour suprême britannique a rejeté le 14 juin son ultime demande de réexamen. La plus haute instance judiciaire du pays avait alors indiqué que la procédure d'extradition deviendrait applicable à compter du 28 juin.

Julian Assange est apparu de plus en plus isolé au fil des mois, tandis que son site WikiLeaks était étranglé financièrement et quasi réduit au silence. Arrêté en décembre 2010 à Londres, il a constamment exprimé la crainte que la Suède ne l'expédie aux Etats-Unis. Son ultime espoir d'échapper à l'extradition résidait dans un hypothétique recours devant la cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg.

M.Gr. avec AFP
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