Aung San Suu Kyi revient à Oxford et évoque le "sacrifice" de ses enfants

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Publié le 19 juin 2012.

OXFORD - L'opposante birmane Aung San Suu Kyi est retournée mardi, jour de son 67ème anniversaire, sur des lieux chargés de souvenirs personnels à Oxford, et a évoqué le "sacrifice" qu'a représenté son engagement politique pour son mari et ses enfants.

Aung San Suu Kyi a vécu pendant près de 20 ans à Oxford, où elle a rencontré son mari et élevé ses deux fils. Une famille qu'elle a laissée derrière elle en 1988, quand elle est rentrée au chevet de sa mère en Birmanie pour ne plus en repartir.

"J'ai dit très souvent, et même répété ad nauseam, que je ne considère pas ce que j'ai fait comme un sacrifice de ma part. C'est un choix que j'ai fait", a déclaré Aung San Suu Kyi dans une interview à ITV, au premier jour de sa visite au Royaume-Uni.

"Cela a été un sacrifice pour mon mari et mes fils. Surtout pour mes fils, parce que mon mari était adulte après tout, tandis que les enfants étaient encore jeunes, et cela a dû être dur pour eux de ne pas avoir leurs deux parents auprès d'eux", a-t-elle reconnu.

"Je ne me sens pas fière de cela mais en même temps je pense qu'il faut décider de ses priorités et assumer ses décisions", a ajouté le prix Nobel de la Paix, qui a passé ses deux décennies d'isolement loin de ses deux fils, Alexander et Kim, âgés aujourd'hui respectivement de 39 et 35 ans, ne les voyant qu'à de rares occasions.

De peur que la junte au pouvoir ne la laisse pas rentrer en Birmanie, elle était par ailleurs restée à Rangoun en 1999, tandis que son mari, un spécialiste du Tibet, succombait à un cancer de la prostate.

Mardi après-midi, elle a été accueillie à Oxford par le chancelier de l'université Chris Patten.

Une réception privée a été organisée à l'occasion de son anniversaire, à laquelle devait assister son fils cadet, Kim, qui vit la plupart du temps à Oxford. Mais la présence de son fils aîné, Alexander, qui vit aux Etats-Unis, était plus incertaine.

Plus tôt dans la journée, Aung San Suu Kyi avait participé à Londres à une conférence à la London School of Economics, où l'assistance lui a chanté "Happy birthday to you".

Au cours de ce débat sur "L'Etat de droit", elle a souligné l'importance d'amender la Constitution "en harmonie avec les aspirations du peuple" birman et jugé "possible de travailler avec les militaires".

Vêtue d'une tunique et d'une écharpe dans un camaïeu de rose et de parme, elle s'est déclarée "touchée par la chaleur" de l'accueil reçu au cours de cette tournée européenne historique, entamée le 13 juin en Suisse, qui l'a menée en Norvège et en Irlande.

Elle a aussi rencontré l'animateur de radio Dave Lee Travis, surnommé the "Hairy Cornflake" ("le corn flake poilu"), dont elle écoutait l'émission musicale sur la BBC pendant ses années d'isolement en Birmanie.

Aung San Suu Kyi doit recevoir mercredi à Oxford le titre de docteur honoris causa. Le lendemain, elle s'adressera au Parlement à Londres et doit rencontrer le même jour le Premier ministre David Cameron et le prince Charles.

Son séjour britannique doit s'achever le 26 juin, date à laquelle elle mettra le cap sur la France.

Lundi soir, elle avait été acclamée comme une rock-star lors d'un concert en son honneur à Dublin, pendant lequel le chanteur Bono lui a remis un prix décerné par Amnesty International récompensant son combat pour les droits de l'Homme.

© 2012 AFP
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