L'ex-magnat de la presse Conrad Black expulsé des Etats-Unis vers le Canada

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Publié le 4 mai 2012.

MIAMI - L'ancien magnat de la presse Conrad Black est sorti vendredi d'une prison américaine après avoir purgé une peine d'un peu plus de trois ans pour fraude et obstruction à la justice, avant d'être expulsé vers le Canada, son pays natal dont il a renoncé à la nationalité.

"Conrad Black a été libéré ce matin de la prison fédérale de Coleman", située dans le centre de la Floride (sud-est), a annoncé à l'AFP un porte-parole des autorités pénitentiaires Chris Burke.

Mais M. Black, 67 ans, a immédiatement été remis aux services de l'immigration --du fait qu'il ne possède ni nationalité américaine ni permis de séjour--, qui l'ont expulsé vers le Canada.

Dans un bref communiqué, l'Agence d'immigration et des douanes des Etats-Unis (ICE) a indiqué avoir "renvoyé M. Conrad Black au Canada en accord avec l'arrêté d'expulsion final".

M. Black dispose d'une autorisation de séjour au Canada, son pays natal dont il a renoncé à la nationalité en 2001 afin de devenir Britannique et de pouvoir siéger à la Chambre des Lords, où il est devenu "Lord Black of Crossharbour".

L'autorisation de séjour que lui ont octroyé les autorités canadiennes a provoqué une tempête politique à Ottawa, où l'opposition a accusé le pouvoir d'avoir accordé à M. Black un traitement de faveur.

Peu après son retour sur le sol natal, Conrad Black a été vu à sa résidence de Toronto, selon des images diffusées par des chaînes canadiennes. Des journalistes de la chaîne publique CBC l'ont aperçu alors qu'il était accueilli par sa femme, Barbara Amiel, qui l'a embrassé et a marché avec lui dans sa propriété.

Le papivore déchu a été à la tête, dans les années 90, de l'empire de presse Hollinger, le troisième du monde, comprenant le Daily Telegraph de Londres, le Jerusalem Post, le Chicago Sun-Times ou encore le National Post de Toronto. Aux temps de sa splendeur, ce Montréalais de naissance fréquentait les stars et les dirigeants politiques de la planète.

Sans attendre son retour au Canada, M. Black avait lancé des plaintes pour diffamation contre ses détracteurs qu'il accuse d'avoir provoqué la destruction de son empire médiatique.

Avec ses associés, il a été accusé d'avoir détourné jusqu'à 60 millions de dollars entre 1999 et 2001 mais il n'a été reconnu coupable en première instance que d'avoir détourné, via l'attribution de bonus, 6,1 millions de dollars lors de la cession de journaux.

Il était déjà sorti de prison en juillet 2010 après une décision de la Cour suprême des Etats-Unis qui avait trouvé une faille dans la loi fédérale sur la fraude en vertu de laquelle il avait été condamné à l'origine à 78 mois de prison.

Dans le sillage de cette décision, la cour d'appel fédérale de Chicago avait annulé en octobre deux des quatre verdicts de culpabilité mais en avait maintenu deux autres, pour fraude et obstruction à la justice.

Ses avocats avaient plaidé en juin pour qu'il ne soit condamné qu'à 29 mois de détention -soit le temps qu'il avait déjà passé en prison. Mais la juge lui a infligé une peine de 42 mois. Début septembre, il a donc été de nouveau emprisonné afin de purger les 13 mois lui restant à accomplir.

Son retour en prison en septembre 2011 avait coïncidé avec la sortie d'un livre de mémoires (A Matter of Principle) dans lequel Conrad Black se disait innocent et racontait sa chute.

© 2012 AFP
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