Cent ans après, le monde a commémoré le drame du Titanic

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Publié le 16 avril 2012.

HALIFAX - Cent ans après le naufrage du Titanic, le point culminant des différentes cérémonies de commémoration dans le monde a été atteint dimanche lors d'une évocation du drame minute par minute, sur les lieux mêmes de la catastrophe qui avait fait environ 1.500 morts, au dessus de l'épave reposant par 3800 mètres de fond dans l'Atlantique du Nord.

Deux bateaux de croisière - l'un en provenance de Southampton, port anglais d'où le paquebot avait pris la mer le 10 avril 1912, et l'autre parti de New York, destination prévue du Titanic - s'y sont rencontrés dans la nuit de samedi à dimanche.

A bord du Balmoral qui refait la traversée du Titanic, les quelque 1.300 passagers, parmi lesquels des descendants de victimes, ont observé deux minutes de silence en pleine nuit, regardant la mer sombre éclairée par de puissants projecteurs.

Trois gerbes, bénies par un prêtre, ont été jetées dans l'océan, au moment même où cent ans plus tôt le paquebot géant avait sombré moins de trois heures après avoir heurté un iceberg.

Pour Jane Allen, dont le grand-oncle a fait partie des victimes, cette cérémonie a été une expérience "incroyable".

"Vous regardez par-dessus bord et vous réalisez que chaque homme, chaque femme qui n'a pas eu la chance de monter dans un canot de sauvetage a dû prendre la décision soit de sauter soit de rester à bord jusqu'à ce que les lumières s'éteignent", a témoigné Jane Allen sur la BBC.

A bord du Journey, venu de New York, les 440 passagers ont eux vécu la reconstitution de la catastrophe.

Les haut-parleurs du bateau ont répété le message d'alerte du commandant du Titanic annonçant que le paquebot, alors considéré comme insubmersible, avait heurté un iceberg. Puis sont venus les textes des messages de détresse successifs, transmis en morse, jusqu'au dernier, brouillé.

Le naufrage a été symbolique à plus d'un titre : illustration de l'arrogance de l'homme moderne puni par la nature, de la ségrégation entre les riches, en première classe, et les émigrants et matelots, logés près de la cale, voire, pour certains, signe annonciateur du déclin de l'empire britannique.

Aussi, sa commémoration a-t-elle pris l'allure d'un événement international, des côtes britanniques à celles de l'Amérique du Nord.

A Belfast, où le Titanic a été construit, un monument a été inauguré où figurent pour la première fois les noms de tous les passagers et membres de l'équipage. Les noms apparaissent par ordre alphabétique, sans distinction en fonction de la catégorie auxquels les naufragés appartenaient.

La dernière cérémonie s'est déroulée dimanche dans un cimetière d'Halifax qui abrite les tombes de 121 des 150 corps de naufragés reposant dans ce port canadien. A l'issue d'un service interconfessionnel réunissant chrétiens, juifs et musulmans, des jeunes filles ont déposé une rose sur chacune des tombes.

"Nous nous sommes réunis aujourd'hui pour nous souvenir non pas juste de ce bateau légendaire, mais des personnes dont il avait emporté les vies avec lui", a dit Andrew Murphy, président de la société Titanic 100 qui avait organisé la commémoration au Canada.

Les différents dignitaires religieux ont insisté sur le devoir de mémoire à l'égard des victimes.

"En ce dernier jour de la Pâque (juive), nous prions Dieu de se souvenir (des victimes) mieux que nous ne le faisons", a dit le rabbin David Ellice, car "notre mémoire est souvent fragmentée et sélective" et souvent ne dure pas assez longtemps.

Un descendant du violoniste John Law Hume qui avait péri dans le naufrage a déposé sur sa tombe un violon enchâssé dans une couronne de fleurs, avec un écriteau : "A notre héros".

© 2012 AFP
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