Les habitants des Malouines commencent à parler d'indépendance

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Publié le 3 avril 2012.

PORT STANLEY (Iles Malouines) - On les appelle les "Kelpers" : les habitants des îles Malouines, qui ont obtenu il y a trente ans la citoyenneté britannique après la guerre entre le Royaume-Uni et l'Argentine, n'écartent plus l'indépendance, galvanisés par l'exploration pétrolière.

"Nous voulons pour l'instant être britanniques, mais il se peut que la prochaine génération, exerçant son droit à l'autodétermination, préfère l'indépendance", explique à l'AFP une parlementaire locale, Jan Cheek.

Actuellement, ces îles de l'Atlantique sud sont considérées par le Royaume-Uni comme un territoire d'outre-mer et Londres assure leur défense et leur diplomatie. Tout le reste est du ressort de l'assemblée locale, dont Mme Cheek est membre.

Le Royaume-Uni dépense 135 millions d'euros chaque année pour la défense des îles, un budget que les Malouines pourraient prendre en charge si un jour elles bénéficient d'un revenu annuel de 225 millions d'euros grâce au pétrole, une nouvelle manne qui pourrait arriver dès 2016.

Il suffit de se promener dans Port Stanley ("Puerto Argentino" pour Buenos Aires) pour voir ce que souhaitent les habitants des îles : "Iles Malouines, britanniques jusqu'au bout", "Nous sommes britanniques et nous en sommes fiers", peut-on lire sur des panneaux installés derrière les vitres de leurs 4x4.

Pourtant, aucun des "Kelpers" (nom inspiré d'une algue très présente autour des îles, ndlr) interrogés par l'AFP n'écarte l'éventualité de devenir un jour indépendant.

"Aujourd'hui nous sommes britanniques et on s'en porte bien : nous verrons ce qui se passera avec le pétrole et alors on avisera", dit Steve.

Une chose est sûre : ils ne portent pas vraiment dans leur coeur l'Argentine, qui continue à revendiquer sa souveraineté sur l'archipel.

"Il faut que l'Argentine se tourne vers l'avenir, abandonne sa position et reconnaisse notre droit à vivre ici en tant qu'habitants des Malouines", lâche Stephen Luxton, directeur des Ressources humaines du gouvernement local.

Aussi bien Luxton que Cheek parlent de leur "pays", mais parler de "pays" à propos des Malouines revient à ouvrir une boîte de pandore en termes de droit international.

Car ni l'Argentine, ni l'Onu ne reconnaîtraient une indépendance des Malouines, fait valoir le juriste et conseiller du gouvernement argentin Eduardo Barcesat.

"L'Onu a des précédents précieux et applicables (dans l'Océan indien, où des possessions insulaires françaises et britanniques sont revendiquées par Madagascar et par Maurice ndlr), selon lesquels le droit à l'autodétermination ne s'applique pas à une population issue d'une conquête territoriale colonialiste", explique-t-il.

"En outre, l'Onu n'a jamais reconnu aux habitants des îles le caractère de +partie+ dans les discussions sur la souveraineté", souligne-t-il.

Les Malouines pourraient finir comme le Kosovo, qui a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008, n'est reconnu que par quelque 80 pays et n'a toujours pas posé sa candidature à l'Onu.

Reste toutefois que "le Royaume-Uni peut accepter (l'indépendance) dans le cadre d'un accord avec le peuple", affirme à l'AFP l'expert uruguayen en droit international, Washington Baliero.

© 2012 AFP
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