Etats-Unis: Le meurtre d'une Irakienne, battue à mort, relance l'inquiétude sur une recrudescence du racisme

14 contributions
Publié le 27 mars 2012.

FAIT-DIVERS - Alors que l'Amérique déplore encore la mort de Trayvon Martin, abattu le 26 février dernier parce qu'il portait «un sweat à capuche sombre», Shaima Alawadi, une Irakienne de 32 ans portant le voile islamique a été battue à mort à son domicile californien...

Moins d’un mois après la mort de Trayvon Martin, l’Amérique est de nouveau sous le choc d’un crime raciste. Samedi, Shaima Alawadi, une Irakienne de 32 ans résidant à El Cajon en Californie, est décédée à l'hôpital de San Diego des suites de ses blessures. Elle était sous respirateur artificiel depuis mercredi, quand l’une de ses filles l’avait retrouvée inconsciente dans le salon de leur maison, après avoir été battue à mort. Une lettre avait été retrouvée non loin de son corps, lui intimant: «Retourne dans ton pays. Tu es une terroriste», selon le San Diego Union Tribune.

La fille de Shaima Alawadi, Fatima Al Himidi, a indiqué sur la chaîne KGTV, une filiale de CNN, que la famille avait reçu une première lettre une semaine avant disant: «Ceci est notre pays, pas le vôtre, vous êtes des terroristes.» Cependant, ajoute la jeune femme, sa mère «avait préféré ne pas en tenir compte, pensant qu'il s'agissait d'une mauvaise blague de gamins. Mais le jour où ils l'ont attaquée, ils ont à nouveau laissé une lettre disant la même chose».

>> Regardez le témoignage de Fatima Al Himidi:

Selon Fatima Al Himidi, le fait que le ou les agresseurs n’aient rien volé dans la maison renforce la thèse d'une agression raciste. De son côté, la police dit étudier toutes les pistes, y compris celle d’un crime raciste, et insiste sur le fait que cet acte est un «incident isolé».

Selon CBS, Shaima Alawadi est arrivée aux Etats-Unis en 1993 avec sa famille, comme de nombreux musulmans chiites qui ont fui la répression du régime de Saddam Hussein. Après avoir vécu à Dearborn, dans le Michigan, quelques années, elle a déménagé à San Diego en 1996. Shaima Alawadi était mère de deux fils et trois filles âgés de 7 à 18 ans. Son mari et son frère travaillent comme conseillers culturels auprès de l'armée américaine, où ils participent à la préparation des soldats en partance pour le Moyen-Orient.

Parallèle entre capuche et voile islamique

Une amie de la famille, Sura Alzaidy, a expliqué au San Diego Union Tribune que Shaima était «une femme voilée modeste et respectueuse». Immédiatement, le rapprochement a été fait -notamment sur les réseaux sociaux- avec le meurtre de Trayvon Martin, tué le 26 février dernier parce qu’il portait «un sweat à capuche sombre».

Sur Twitter, les hashtag #hatecrime (#crimedehaine)ou #hoodiesandhijab (#capuchesethijabs), parfois accompagnés de photos de personnes voilées ou portant un sweet à capuche, mettent en parallèle la capuche que portait le jeune adolescent quand il a été tué et le voile islamique de Shayman Alawadi. Sur Facebook, le groupe «One million hijabs for Shaima Alawadi» («Un million de hijabs pour Shaima Alawadi») appelle ainsi les internautes à poster des photos d’eux portant un voile, et explique: «Il ne devrait pas y avoir de vêtement qui soit un appel au meurtre. Capuche ou hijab, cela doit cesser.»

Shaima Alawadi doit être enterrée prochainement en Irak.

Bérénice Dubuc
Mots-clés
Newsletter
La MATINALE

Recevez chaque matin
l'actualité du jour

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr