A Newtown, des habitants en état de choc

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Publié le 16 décembre 2012.

ETATS-UNIS - Les habitants se demandent comment une telle tragédie a pu se produire...

De notre envoyé spécial à Newton (Connecticut)

Gerbes de fleurs à la main, un petit groupe d’ados avance samedi matin sur la route qui mène à l’école primaire Sandy Hook de Newtown (Connecticut). L’un d’eux, Brian, 16 ans, est encore abasourdi par l’horreur qui s’est abattue l’école de son petit frère vendredi 14 décembre: «Il était dans sa classe hier, mais il ne fait pas partie des 20 écoliers qui ont été tués. Il a eu peur, mais il ne réalise pas vraiment. Moi non plus, on ne pense jamais que ce genre de chose puisse arriver.»

Samedi matin, Newtown, petite ville de 27 000 habitants située à 120 km au nord-est de New York, est en état de choc. A l’entrée du quartier bucolique de Sandy Hook, envahi par les médias du monde entier, un drapeau américain piqué de feuillets numérotés de 1 à 27 rappelle le nombre de victimes. Et une inscription invite à prier pour elles.

«C’est impensable»

Toute la nuit, des habitants ont veillé dans l’église catholique Sainte Rose de Lima. Et samedi matin, des familles endeuillées continuent d’entrer et sortir de l’édifice religieux. Certaines se recueillent devant une statue de la sainte patronne de l’église, au pied de laquelle des fidèles ont déposé bougies, bouquets de fleurs et peluches. A quelques pas de là, Bill, témoigne de son chagrin. «C’est impensable, souligne ce retraité des postes. L’état du Connecticut, la nation, le monde entier regarde dans notre direction. Ce drame est arrivé si près de Noël, une époque où on est censé donner, pas prendre des vies innocentes.»

Certains se demandent comment le tueur de 20 ans, Adam Lanza, a pu en arriver là. A l’image du docteur Jeannie Pasacreta, psychologue, qui se tient à disposition des familles de victimes à proximité de l’école Sandy Hook. «Mon fils était dans la même classe en primaire, explique-t-elle. Il n’a pas été choqué quand il a su qu’Adam était le tueur. Il se souvient d’un garçon très introverti, qui ne répondait pas quand on s’adressait à lui.  Il était vraisemblablement malade, et le traitement des maladies mentales dans ce pays n’est plus à la hauteur.»

>> Le portrait du tueur présumé, un garçon «troublé», par ici

«On vit dans une société troublée»

D’autres osent poser la question du contrôle des armes, qui met tellement mal à l’aise les hommes politiques américains. «Ce drame, c’est un avertissement de plus, souligne Nancy, 61 ans, sans emploi. On vit dans une société troublée, les gens ont peut-être le droit d’avoir une arme pour se défendre, mais il va bien falloir qu’on change quelque chose.»

Quelques centaines de mètres plus loin, Mike, 55 ans, est plus véhément. «Je respecte le second amendement, mais la détention libre d’armes semi-automatiques, je ne vois pas ce que cela apporte à notre société.» En ce samedi matin, Mike affiche pourtant un visage souriant. Installé sur le parking d’un centre commercial, il propose aux passants de venir gratuitement caresser son bulldog Truman, installé à l’arrière de son 4x4. «Je me suis levé ce matin en me demandant ce que je pouvais faire. Et j’ai décidé de venir ici avec mon chien apporter un peu de réconfort. Ça fait trente ans que j’habite à Newtown, les habitants sont dévastés. On se sent impuissant face à tel drame. Que faire d’autres que de tendre la main?»

De notre envoyé spécial à Newton, Nicolas Coisplet
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