En blanc et rouge, des milliers de passionnés lancent les fêtes de Pampelune

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Publié le 6 juillet 2012.

PAMPELUNE - Vêtus de blanc, foulard rouge autour du cou, des milliers de passionnés se pressaient dans le centre de Pampelune vendredi, un verre de bière ou de sangria déjà à la main, pour le lancement des San Fermin, les plus célèbres fêtes taurines d'Espagne.

Sur une place de la mairie bondée, la Plaza Consistorial, ils attendaient avec impatience le coup d'envoi de neuf jours de fêtes rythmées par les célébrissimes lâchers de taureaux, une tradition médiévale qui fascina Ernest Hemingway.

Au cri de "Viva San Fermin!", repris en choeur par des milliers de personnes agitant leurs foulards dans une atmosphère survoltée, suivi du "chupinazo", le lancer depuis le balcon de la mairie d'une fusée d'artifice, les fêtes seront officiellement ouvertes à 10H00 GMT.

Une fois la fusée lancée, les passionnés venus du monde entier danseront et chanteront en s'aspergeant de vin bon marché, donnant à leurs vêtements blancs un dégradé de rose.

Ils étaient nombreux à avoir commencé les festivités dès le matin, buvant bière et sangria assis dans les cours ou en se baladant et chantant dans les étroites rues pavées de la ville, leurs énormes verres en plastique contenant parfois jusqu'à un litre de boisson.

"Ca, c'est un petit déjeuner parfait", lance John Moorse, un touriste de 26 ans originaire de Californie, attablé avec des amis devant son verre géant et une boîte de beignets.

Rythmées par des processions religieuses, des danses traditionnelles, des concerts, arrosées par des flots de boisson dans des bars autorisés à ouvrir jusqu'à l'aube, les fêtes sont avant tout célèbres pour leurs lâchers de taureaux.

Chaque matin à 06H00 GMT, des centaines de coureurs intrépides se lanceront avec six taureaux de combat d'une demi-tonne chacun, tentant d'éviter leurs cornes sur un parcours de 850 mètres menant aux arènes de la ville.

Les plus courageux, ou peut-être les plus imprudents, courront le plus près possible des cornes, en espérant ne pas être blessés, pendant les quatre minutes environ que dure la course, traversant le coeur historique de la ville.

Le premier lâcher de taureaux, celui qui traditionnellement attire le plus de monde, aura lieu samedi.

"C'est une sensation extraordinaire, votre coeur commence à battre plus vite", témoigne Ander Goyoaga, plombier au chômage de 34 ans venu de Bilbao.

La fête la plus folle

Il a déjà participé aux lâchers de taureaux et s'apprête à tenter à nouveau l'expérience.

"A chaque fois je me dis que c'est la dernière mais je ne peux pas m'empêcher d'y retourner", admet-il.

En 2011, 20.500 coureurs ont participé aux huit lâchers de taureaux, en majorité des hommes de 18 à 35 ans dont près de la moitié venaient de l'étranger, surtout des Etats-Unis, d'Australie et du Royaume-Uni, selon la mairie de Pampelune.

Cette curieuse tradition médiévale pourrait s'être inspirée des bouchers, qui couraient devant les bêtes amenées de la campagne pour la fête de San Fermin.

Chaque année, des dizaines de coureurs se blessent, souvent à cause de chutes qui les précipitent parfois sous les pattes des taureaux.

La course se transforme parfois en tragédie. Le décès le plus récent date d'il y a trois ans, lorsqu'un taureau avait encorné un Espagnol de 27 ans, touchant son cou, son coeur et ses poumons.

Pour éviter les blessures, les organisateurs tentent d'interdire aux fêtards ivres de participer aux lâchers et ont aspergé la route d'un produit chimique pour empêcher les glissades.

La ville de Pampelune, qui compte 200.000 habitants, attend un demi-million de visiteurs cette année et espère que les fêtes lui rapporteront environ 70 millions d'euros.

"J'ai vu les images à la télévision et je n'avais pas le choix: il fallait que je vienne", s'enthousiasme David Higgins, un Britannique de 25 ans venu avec trois amis.

"C'est sans doute la fête la plus folle du monde!"

© 2012 AFP
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