L'ex-président égyptien Moubarak serait à l'article de la mort

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Publié le 20 juin 2012.

MONDE - L'ancien raïs serait inconscient et aurait été placé sous respiration artificielle, selon des responsables militaires, qui se sont cependant refusés à dire qu'il était «cliniquement mort»...

Hosni Moubarak, récemment condamné à la prison à perpétuité, est inconscient et a été placé sous respiration artificielle, ont déclaré mardi soir des responsables militaires. Ils ont cependant démenti que l'ancien président soit cliniquement mort. Deux sources proches des services de sécurité ont déclaré à Reuters que Moubarak, qui est resté au pouvoir de la fin 1981 au début 2011, avait été victime d'une crise cardiaque et d'une attaque cérébrale qui l'avaient plongé dans le coma, et que, de ce fait, il avait été héliporté de sa prison vers l'hôpital militaire Maadi, au Caire.

Alors que le pays est replongé dans de vives tensions politiques, l'agence de presse Mena a pour sa part rapporté que l'ancien président, âgé de 84 ans, était «cliniquement mort», en citant des sources médicales. Cette formule a également été employée par une source hospitalière interrogée par Reuters. Trois sources au sein de l'armée et des services de sécurité, qui exercent toujours le pouvoir depuis le renversement d'Hosni Moubarak en février 2011, ont toutefois assuré que l'ancien président était maintenu en vie.

«Il est dans un état critique»

Ces mêmes responsables se sont refusés à employer la formule «cliniquement mort», qui implique l'absence de battements cardiaques et de respiration autonomes. Le général Saïd Abbas, membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir, a déclaré à Reuters que Hosni Moubarak avait subi une attaque cérébrale mais a ajouté: «Parler de mort clinique n'a aucun sens.» Une autre source militaire a déclaré: «Il a complètement perdu connaissance. Il respire artificiellement.»

Cette version a été confirmée par une autre source proche des services de sécurité, selon laquelle: «Il est encore prématuré de dire qu'il est cliniquement mort.» Interrogé sur CNN, le général Mahmoud Chahine, du CSFA, a déclaré: «Sa santé se dégrade et il est dans un état critique.» Selon l'agence Mena, qui cite des sources médicales, «l'ancien président Hosni Moubarak est cliniquement mort après son arrivée à l'hôpital militaire de Maadi mardi soir» «Le coeur de Moubarak a cessé de battre et a été soumis plusieurs fois à un défibrillateur mais n'a pas réagi», selon Mena.

Santé précaire

L'ex-président égyptien, âgé de 84 ans, a connu de sérieux ennuis de santé depuis qu'il a été contraint de quitter le pouvoir en février 2011, à la suite d'un soulèvement populaire contre son régime. Il s'est présenté allongé sur une civière aux audiences de son procès, et était enfermé dans l'aile médicalisée de la prison Torah depuis sa condamnation à la réclusion à perpétuité le 2 juin. Aucune expertise médicale indépendante n'a cependant permis jusqu'à présent de déterminer avec précision les maux dont souffrirait l'ancien raïs. Certains soupçonnent les militaires de travestir la réalité afin de lui offrir une fin de vie plus confortable.

Les incertitudes sur l'état de santé d'Hosni Moubarak interviennent dans un contexte de tensions renouvelées en Egypte. Interdits mais tolérés sous sa présidence, les Frères musulmans revendiquent la victoire à l'élection présidentielle, dont les résultats n'ont toujours pas été annoncés. Et l'armée a provisoirement dépouillé le futur chef de l'Etat de la quasi totalité de ses prérogatives et a décidé de s'arroger le pouvoir législatif, après l'invalidation des élections législatives remportées par la confrérie islamiste cet hiver.

Elle s'est en outre laissé la possibilité de former elle-même le comité qui sera chargé de rédiger la future Constitution. Cette série de mesures a conduit les Frères musulmans et les révolutionnaires laïques, qui ne se reconnaissent ni dans l'armée ni dans les islamistes, à se rassembler mardi soir place Tahrir, épicentre de la révolution de 2011. Environ 10.000 personnes se sont rassemblées à la nuit tombée, pour l'un des plus grands rassemblements depuis des mois sur la place Tahrir. L'annonce de l'état de santé d'Hosni Moubarak n'a guère ému les manifestants, dont la colère est dirigée contre les militaires.

Bérénice Dubuc
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