L'armée égyptienne annonce la dissolution du Parlement

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Publié le 16 juin 2012.

MONDE - La décision a été prise alors que des élections présidentielles se déroulent dans le pays...

Le Parlement égyptien a été «formellement dissous», ce samedi, par le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) du pays. Cette décision, qui intervient conformément à celle prise jeudi par le Haute Cour constitutionnelle, survient au beau milieu des élections présidentielles, qui ont lieu samedi et dimanche dans le pays. Selon un responsable du bureau du président du parlement, le chef du CSFA, le maréchal Hussein Tantaoui, a adressé une lettre dans laquelle il signifie la dissolution du parlement et interdit l'accès du bâtiment aux anciens députés.

Une dissolution, qui survient au beau milieu des élections présidentielles

Cris hostiles à l'armée

Jeudi, la cour suprême avait déclaré anticonstitutionnelle «la loi sur les piliers du régime». Cette loi, adoptée par le nouveau Parlement, privait tous les responsables de l'ancien régime de leurs droits civiques pour 10 ans. La juridiction avait ainsi invalidé un tiers des 498 sièges du Parlement, dominé par les islamistes, Une décision qui a entraîné la dissolution de la chambre basse du parlement.

La cour avait aussi déclaré que la loi régissant les récentes élections législatives, marquées par une large victoire des islamistes, était invalide pour le tiers des sièges attribué au scrutin uninominal. Les autres sièges ayant été attribués à la proportionnelle suivant un scrutin de listes.

Les deux décisions de la cour avaient alors été accueillies par des cris hostiles à l'armée, qui dirige de fait le pays depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011, et des manifestants avaient levé leurs chaussures face à la police pour marquer leur indignation.

«Coup d'État»

Les Frères musulmans, qui ont prévenu que l'Egypte allait au devant de «journées très difficiles», estime que le parlement ne peut être dissous que par le biais d'un référendum populaire. Cet ordre de dissoudre le Parlement «représente un coup d'Etat contre le processus démocratique dans son ensemble», indique la confrérie islamiste sur la page Facebook de sa formation politique, le Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ).

Dans un autre communiqué, le PLJ estime que la dissolution du parlement confirme la volonté du Conseil suprême des Forces armées CSFA de «s'emparer de tous les pouvoirs contre la volonté du peuple.»

Les Egyptiens sont appelés à voter ce samedi et dimanche pour le second tour de l'élection présidentielle qui oppose Ahmed Chafik, ancien commandant en chef de l'armée de l'air et dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak, au candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi.

M.Gr.
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