L'Egypte dans l'attente de la décision sur la candidature de Chafik

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Publié le 14 juin 2012.

ÉLECTIONS - L'un de deux candidats en lice pourrait être privé du second tour de l'élection présidentielle...

L'Égypte retient son souffle. La difficile transition politique dans le pays pourrait en effet dérailler ce jeudi si la Cour suprême constitutionnelle juge qu'Ahmed Chafik, l'un des deux candidats en lice pour le second tour de l'élection présidentielle de ce week-end, ne peut briguer la fonction.

La juridiction doit se prononcer en appel sur l'invalidation d'une loi adoptée en avril par le Parlement, qui visait à interdire aux hauts responsables de l'ancien régime de concourir à l'élection présidentielle.
Or Ahmed Chafik, ancien commandant en chef des forces aériennes, fut le dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak. Arrivé en deuxième position au premier tour, il doit affronter au second tour le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi.

Accentuer le «degré de tension»

A deux jours du scrutin, étalé samedi et dimanche, les Egyptiens attendent avec appréhension la décision de la Cour suprême constitutionnelle. Ils voient dans la collision entre les calendriers judiciaire et électoral un exemple des cahots de l'Egypte post-Moubarak. «Cette menace est un reflet de la situation actuelle. Nous ne sommes qu'à quelques jours de l'élection, et il y a une incertitude juridique», s'émeut le juge Mohamed Hamad al-Gamal, ancien président du Conseil d'Etat.

La loi contre les hauts responsables de l'ancien régime, votée par un parlement dominé par les islamistes, a conduit dans un premier temps à l'invalidation de la candidature de Chafik. Il a été réadmis dans la course après la censure de cette loi en première instance, et dans l'attente de son examen par la juridiction suprême.

Si l'on s'attend généralement à ce que sa candidature soit confirmée, la tension est grande en Egypte. Dans un message diffusé sur son site Internet, l'ambassade des Etats-Unis au Caire prévient que la décision qui sera rendue ce jeudi, quelle qu'elle soit, risque d'accentuer «le degré de tension» dans le pays.

M.Gr. avec Reuters
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