Pas de «vent de panique» pour les Français d'Egypte, mais une réelle incertitude

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Publié le 31 janvier 2011.

TEMOIGNAGES - Des expatriés racontent à 20minutes.fr comment ils vivent la situation actuelle qui bouleverse le pays...

Alors que l’Egypte est secouée par un septième jour de manifestations appelant au départ du président Hosni Moubarak, les Français vivant sur place sont à nouveau invités par les autorités consulaires ce lundi à respecter le couvre-feu et à la «prudence extrême dans les déplacements».

Au Caire, le lycée français a été fermé dimanche jusqu’à jeudi inclus. Joint par 20minutes.fr, Jean-Claude Aunos, responsable de l’Association des parents d’élèves de l’établissement explique que la plupart des parents sont «inquiets». «Certaines familles sont même rentrées en France à la demande de leur entreprise», ajoute-t-il. Mais pas de «vent de panique» pour le moment, même si ses compatriotes sont en constante demande d’informations sur l’évolution de la situation.

«Il y a eu des moments difficiles, mais là c’est exceptionnel»

L’incertitude reste grande pour ce reporter-photographe qui n’avait jamais vu de mouvement de contestation de cette ampleur. «Depuis vingt ans que je vis en Egypte, il y a eu des moments difficiles, mais là c’est exceptionnel, je n’ai jamais vu ça et puis ça dure», indique-t-il. Cependant, Jean-Claude Aunos ne craint pas pour sa sécurité et celle de sa famille: «On ne prend pas de risques, mon épouse reste à la maison, mais je ne crois pas que les étrangers seront pris à partie».

Dans son quartier, aisé et résidentiel, une milice de citoyens, à laquelle il participe aussi, s’est constituée pour éviter les pillages. S’il voit venir une «période de troubles» et des «jours difficiles», Jean-Claude Aunos entend bien rester sur place. «On partira vraiment si la ville est à feu et à sang ou s’il y a une mesure de rapatriement des Français», conclut-il.

A Abou Simbel, il n’y a plus de touristes

A des centaines de kilomètres de là, sur le site archéologique d’Abou Simbel, Michel Mosser vit une période «très particulière». Arrivé en novembre dernier pour gérer un petit hôtel de charme dans le village qui borde ce haut-lieu touristique du sud de l’Egypte, ce Français de 33 ans est comme «coupé du monde». «L’aéroport est fermé depuis deux jours, tous les convois de touristes ont été annulés, Internet est coupé…», détaille-t-il à 20minutes.fr.

Pourtant, «il ne se passe rien», aucune manifestation par exemple, dans le village qui, faute de touristes (4.000 visiteurs par jour en moyenne à Abou Simbel), voit la plupart de ses habitants s’en aller à destination d’Assouan, la plus grande ville de la région, située à 300 km. «Les marchands de souvenir n’ont plus de clients, même la police a disparu des rues», ajoute Michel Mosser.

«Le monde s’effondrerait, je serais au courant de rien»

Pour lui, cette situation est «inimaginable». Sa première préoccupation concerne la fermeture des banques depuis jeudi dernier. «On fonctionne beaucoup avec du cash et on se demande si on aura encore assez de liquidités pour faire fonctionner l’activité économique», explique-t-il.

Il s’agit notamment de pouvoir payer les salaires. Côté nourriture, Michel Mosser a ce qu’il faut, disposant d’un potager et d’animaux divers (poules, chèvres). Le jeune homme aimerait également se procurer une télévision car, pour le moment, «on entend très peu les infos». «Le monde s’effondrerait, je ne serais au courant de rien», s’amuse-t-il. Cependant, Michel Mosser en est bien conscient: «La saison est foutue».

Et vous, vous êtes en Egypte? Envoyez-nous vos témoignages, photos et vidéos à reporter-mobile@20minutes.fr

Corentin Chauvel
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