Le gouvernement français a du mal à gérer les révoltes actuelles dans le monde arabe. Après la polémique suscitée par Michèle Alliot-Marie qui a proposé au régime tunisien le savoir-faire français en matière de maintien de l’ordre, un couac gouvernemental met à mal la communication française dimanche.
Samedi sur France Info, Jeanette Bougrab, secrétaire d’Etat à la Jeunesse réclamé le départ d’Hosni Moubarak, une déclaration qui met à mal la prudence de rigueur du gouvernement sur le sujet. Ce qui lui a valu un sévère recadrage illico de la part de François Fillon, qui l’a convoquée dans la foulée à Matignon.
«A la suite de ses récentes déclarations sur la situation en Egypte, Jeannette Bougrab tenait à préciser que la position de la France et de son gouvernement a été exprimée par le président de la République et le Premier Ministre», déclare la secrétaire d'Etat à la Jeunesse, qui est d'origine algérienne, dans un communiqué.
Après sa position très critiquée sur la crise tunisienne, où il avait soutenu jusqu'au bout le président aujourd'hui déchu Zine ben Ali, le gouvernement français semble vouloir camper sur une position prudente, appelant à la «retenue et au dialogue» et disant «déplorer» les morts. Les messages à l'intention de Hosni Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis 1981, sont fluctuantes de la part de Paris.
Samedi soir, dans une déclaration commune avec les chefs de gouvernements allemand et britannique Angela Merkel et David Cameron, Nicolas Sarkozy a appelé «le président Moubarak à éviter à tout prix l'usage de la violence contre des civils sans armes et les manifestants à exercer leur droit pacifiquement».
Mais dimanche, dans un discours au sommet de l'Union africaine en Ethiopie, le président français s'est montré plus mesuré, ne mentionnant plus les élections libres et évitant de condamner spécifiquement l'usage de la force par la police. «La France se tient avec amitié et respect aux côtés des Tunisiens et des Egyptiens dans cette période absolument cruciale», a-t-il dit, condamnant par ailleurs la violence «d'où qu'elle vienne» sans incriminer spécifiquement les forces de l'ordre égyptiennes.