Egypte: Des milliers de manifestants bravent le couvre-feu

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Publié le 29 janvier 2011.

MONDE - Ils réclament toujours le départ de Hosnir Moubarak...

Comme la veille, le couvre-feu n’a pas dissuadé les manifestants samedi de descendre dans les rues du Caire et d'Alexandrie. Ils réclament toujours la démission du président Hosni Moubarak.

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Couvre-feu

Dans la soirée, alors que des scènes de pillage étaient signalées dans certains quartiers de la capitale égyptienne, le porte-parole du ministère de la Défense a appelé une nouvelle fois la population à respecter le couvre-feu.

Plusieurs milliers de personnes ont regagné samedi la place Tahrir, épicentre de la contestation dans le centre du Caire dont l'armée avait repris le contrôle la nuit précédente. Ils ont vu en chemin les stigmates des affrontements de la veille. Des débris, des pneus incendiés, des cageots en bois calcinés jonchaient le sol.

Dans la soirée, des habitants des quartiers riches de la capitale signalaient la présence de véhicules militaires déployés pour les protéger et assurer également la sécurité d'hôtels cinq étoiles.

Une source au sein des services de sécurité a affirmé par ailleurs que des incidents avaient éclaté dans la prison d'Abou Zaabal, au nord-est du Caire, où des détenus ont tenté de s'échapper. Leur tentative a été mise en échec mais le bilan avancé par cette source est de huit morts et 1223 blessés.

Nomination d’un Premier ministre

Agitant des drapeaux, levant leurs bras en cadence, les manifestants de la place Tahrir ont réitéré leur appel à la démission de Moubarak. «Le peuple exige que le président soit jugé», scandaient-ils.

La nomination d'Omar Souleïmane, patron des services de renseignement, au poste de vice-président, laissé vacant par Moubarak depuis son accession au pouvoir, en 1981, pas plus que le choix d'Ahmed Chafik, ancien commandant de l'armée de l'air, pour diriger le nouveau gouvernement n'ont été salués par les manifestants.

«Nous ne voulons pas d'un changement de gouvernement, nous voulons qu'ils s'en aillent tous, Moubarak le premier», explique Saad Mohammed, un soudeur de 45 ans croisé place Tahrir.

«Mensonges et promesses»

Les soldats déployés aux abords de la place, appuyés par des blindés, ont assisté à la scène mais ne sont pas intervenus. Un peu plus loin, la police a ouvert le feu sur un millier de manifestants qui tentaient de prendre d'assaut le ministère de l'Intérieur, au Caire. Selon la chaîne de télévision Al Djazira, trois manifestants auraient été tués.

Mais l'information n'a pas été confirmée et, de source proche de la sécurité, on fait état de cinq manifestants blessés. Devant le ministère, les incidents se sont poursuivis. Des véhicules ont été incendié tandis que la rue était jonchée de débris et de morceaux de verre.

Balles réelles à Alexandrie

A Alexandrie, autre foyer de la contestation, sur la côte méditerranéenne, des milliers de manifestants ont affronté la police. Les forces de l'ordre ont répliqué à balles réelles et à coups de grenades lacrymogènes.

A Suez, une centaine de personnes se sont rassemblées samedi devant la morgue de cette ville stratégique de l'est de l'Egypte située en bordure du canal, où, selon elles, se trouvent les cadavres de 12 personnes tuées la veille lors des manifestations hostiles au gouvernement.

Entré en vigueur vendredi sur décret du président Hosni Moubarak, le couvre-feu a été étendu samedi pour les villes du Caire, d'Alexandrie et de Suez.

74 morts

Et l'armée égyptienne a prévenu samedi par communiqué que quiconque violerait le couvre-feu imposé pour faire face au mouvement de contestation serait en danger. Mais ils étaient encore des milliers dans les rues du Caire et d'Alexandrie quand le couvre-feu a débuté, samedi en fin d'après-midi.

Selon un décompte établi par Reuters sur la base des chiffres fournis par des sources médicales et des témoins, au moins 74 personnes sont mortes en Egypte depuis le début du mouvement de contestation, mardi dernier.

E.M. avec Reuters
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