Egypte: Accord contre les violences entre pro et anti-Morsi

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Publié le 31 janvier 2013.

Les principaux dirigeants de l'opposition égyptienne et des Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi, ont signé jeudi un accord dans lequel ils rejettent toute violence, rapporte l'un des responsables présents à la réunion. Ahmed Maher, fondateur du mouvement du 6-Avril, en pointe lors de la révolution de 2011 contre Hosni Moubarak, a annoncé sur Twitter que «les responsables de tous les partis égyptiens» avaient signé l'accord, à la suite des manifestations meurtrières qui frappent le pays depuis la semaine dernière. Les représentants des différents camps se sont retrouvés autour d'une même table, à l'initiative du recteur de l'université et de la mosquée Al Azhar, l'une des plus hautes autorités de l'islam sunnite.

Parmi les signataires figurent Mohamed ElBaradei, coordinateur du Front de salut national (FSN), principale coalition d'opposition, et Hamdine Sabahi, chef de file de la gauche nassériste, également membre du FSN. Du côté des partisans de Mohamed Morsi, la réunion a accueilli Mahmoud Ezzat, numéro deux des Frères musulmans, et Saad el Katatni, président du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la branche politique de la confrérie. Au début de la rencontre, le cheikh Ahmed al Taïeb, recteur d'Al Azhar, a lu un document affirmant que le dialogue national «auquel participent tous les éléments de la société égyptienne, sans aucune exclusion, constitue le seul outil pour résoudre problèmes et divergences».

Gouvernement d'union

Les manifestations violentes qui ont commencé à Port-Saïd et se sont ensuite étendues dans le pays se sont relativement calmées, mais deux hommes ont encore été tués mercredi au Caire, portant à 54 le nombre de morts à la suite des troubles. La réunion de jeudi et l'accord permettent à «l'opposition officielle à se situer très clairement contre les violences», estime Ejijah Zarwan, spécialiste de l'Egypte au Conseil européen des relations étrangères, un centre de réflexions.

Elijah Zarwan relativise cependant la portée de la rencontre sur les manifestations, soulignant que «les gens qui affrontent la police et brûlent des bâtiments ne sont des sympathisants d'aucun parti politique». La réunion est la première de ce type depuis le début des troubles la semaine dernière. Mohamed Morsi a appelé en début de semaine ses opposants à un «dialogue national», mais le FSN refuse d'y participer tant que le président n'aura pas formé un gouvernement d'union nationale.

Le FSN, composé en majorité de formations laïques, a inclus Al Nour, le parti salafiste le plus important, dans cette demande. En visite mercredi à Berlin, Mohamed Morsi n'a pas évoqué cette éventualité et s'est contenté de dire que l'Egypte serait un Etat de droit, «ni militaire ni théocratique», dirigé par un gouvernement dont la composition dépendra de l'issue des élections législatives prévues en avril. Mohamed Morsi a décrété lundi l'état d'urgence pour un mois à Port-Saïd, Ismaïlia et Suez, trois villes particulièrement touchées par les violences. Un couvre-feu y a été instauré, ce qui n'a pas empêché les manifestants de se rassembler. Long de neuf heures initialement, il a été ramené à trois à Ismaïlia. 

Avec Reuters
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