Les Egyptiens profondément divisés votent sur une nouvelle Constitution

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Publié le 15 décembre 2012.

MONDE - Les Egyptiens ont commencé à voter samedi matin. L'opposition dénonce un texte qui offre peu de garantie pour les libertés...

Les Egyptiens ont commencé à voter samedi matin pour ou contre un projet de Constitution qui divise profondément le pays et a provoqué de nombreuses manifestations et des affrontements.

Le référendum se tient samedi

Le référendum se tient samedi dans dix gouvernorats, dont Le Caire et Alexandrie et la région instable du Sinaï (est), représentant quelque 26 millions d'électeurs sur un total de 51,3 millions. Les 17 autres gouvernorats voteront le 22 décembre. Les bureaux de vote ont ouvert peu après 08h locales (06h GMT) et doivent fermer à 19h locales (17h00 GMT).

Mohamed Morsi parmi les premiers à voter

Le président islamiste Mohamed Morsi a été parmi les premiers à déposer son bulletin dans un bureau de vote du Caire proche du palais présidentiel, selon des images de la télévision d'Etat. Le projet de Constitution vise à doter le pays d'un cadre institutionnel stable et démocratique, censé selon ses partisans refléter les changements intervenus dans le pays depuis la chute de l'autocrate Hosni Moubarak début 2011.

Vers une interprétation rigoriste de l’islam?

L'opposition laïque, de gauche et libérale dénonce un texte adopté en toute hâte par une commission dominée par les islamistes, qui ouvre selon elle la voie à des interprétations rigoristes de l'islam et offre peu de garanties pour les libertés.

«J'ai voté Morsi (à la présidentielle en juin) mais c'était une grosse erreur. Cette Constitution est mauvaise, notamment parce qu'elle n'interdit pas le travail des enfants et ouvre la voie au mariage des mineures», affirme Ali Mohammed Ali, un chômeur qui déplore aussi que sous M. Morsi «les prix ont encore augmenté».

A l'inverse, Kassem Abdallah, un habitant du quartier populaire du Mokattam au Caire, proche du siège des Frères musulmans dont est issu M. Morsi, vote «oui» sans hésiter. «C'est une Constitution qui offre des droits et la stabilité», assure-t-il.

Heurts vendredi à Alexandrie

Vendredi, des accrochages entre plusieurs centaines partisans du «oui» et du «non» ont fait une quinzaine de blessés à Alexandrie (nord), la deuxième ville du pays. La police a dû intervenir avec des tirs de gaz lacrymogènes. Le calme régnait samedi matin dans la grande cité méditerranéenne, selon un journaliste de l'AFP.

Le référendum a été précédé par plusieurs semaines de manifestations qui ont parfois dégénéré en affrontements entre opposants et partisans du président. Début décembre, huit personnes avaient été tuées dans des heurts entre les deux camps aux abords du palais présidentiel à Héliopolis, dans la banlieue du Caire.

120.000 soldats appelés en renfort pour la protection des opérations de vote

Quelque 120.000 soldats ont été appelés en renfort pour aider les 130.000 policiers mobilisés à assurer la protection des opérations de vote. M. Morsi a donné à l'armée le droit d'arrêter des civils dans le cadre du maintien de l'ordre jusqu'à l'annonce des résultats définitifs, à une date qui n'a pas encore été annoncée.

La division du pays en deux zones de vote successives a été décidée in extremis, manifestement pour faire face à un boycott de nombreux magistrats chargés de superviser le scrutin. L'impact de cette fronde des magistrats n'était toutefois pas connu samedi matin.

Un vote de confiance pour Morsi, élu à une courte majorité

Ce référendum est aussi vu comme une forme de vote de confiance pour ou contre M. Mors, élu à une courte majorité en juin, dans un contexte marqué par une grave crise économique. Près de 600.000 Egyptiens inscrits hors de leur pays ont commencé à voter mercredi dans les missions diplomatiques. Le vote à l'étranger, qui devait se terminer samedi, a été prolongé jusqu'à lundi, a annoncé la commission électorale. L'Egypte, qui compte environ 83 millions d'habitants, est le pays le plus peuplé du monde arabe.

>> Lire notre interview de Jean-Noël Ferrié, directeur de recherche au CNRS spécialiste de l'Egypte: «L'opposition n'est pas capable de proposer une alternative»

Avec AFP
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