Les forces armées sont en lutte contre Daesh près de Mossoul, en Irak
Les forces armées sont en lutte contre Daesh près de Mossoul, en Irak - ARIS MESSINIS / AFP

Il avait proclamé son « califat » en juillet 2014, avant de retourner à une discrétion quasi-totale. Abou Bakr al-Baghdadi, « l’homme de Bagdad » aurait quitté sa base de Mossoul, selon une déclaration d’un responsable américain faite ce jeudi. Alors que la partie est de la ville irakienne a déjà été reconquise par les forces gouvernementales, les hommes de Daesh sont encore retranchés à l’ouest du Tigre.

Pour les forces spéciales et les agences de renseignement américaines, la traque du numéro 1 de l’organisation Etat islamique sera tout sauf simple. Comme l’explique Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), « ils risquent de mettre des mois, voire des années à le rattraper. A chaque fois qu’il a fallu traquer une telle cible, par exemple Sadam Hussein ou Ben Laden, cela a toujours pris du temps ».

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« Le renseignement humain reste la base »

L’ancien dirigeant irakien avait en effet été capturé après huit mois de fuite, près de Tikrit, une ville située à seulement 160 kilomètres de Bagdad. Quant à Ben Laden, protégé par des complicités locales, il a réussi à survivre pendant dix ans au Pakistan, jusqu’au raid américain qui lui fut fatal.

Selon Eric Denécé, ces deux précédents doivent donc inciter à la prudence pour la traque d’Al-Baghdadi : « Il suffit qu’il se rase la barbe, prenne des faux papiers et se noie dans un flot de réfugiés, il sera alors difficile à identifier. Je ne suis même pas sûr que l’armée US dispose aujourd’hui de ses empreintes digitales et de son ADN ».

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Concernant les moyens mis en œuvre pour le trouver, le chercheur fait l’hypothèse - assez certaine – que toute la panoplie du renseignement est déployée : « il y a probablement une cellule dédiée, des écoutes pour repérer sa voix, même s’il n’utilise sûrement pas de téléphone par prudence. Après, les drones peuvent éventuellement servir pour repérer d’éventuels convois, mais le renseignement humain, sur le terrain, reste la base. »

65 % de territoire en moins

Cette fuite du chef de l’organisation Etat islamique marque un nouveau revers pour Daesh : selon un responsable américain cité par l’AFP, l’organisation terroriste a perdu « 65 % du terrain » qu’il contrôlait à son apogée en 2014. Ses deux bastions, Mossoul et Raqqa (en Syrie), sont clairement menacés, et l’EI pourrait opter pour un repli stratégique sur la vallée de l’Euphrate, à cheval entre la Syrie et l’Irak.

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