Le coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme Gilles de Kerchove à Bruxelles le 20 novembre 2015.
Le coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme Gilles de Kerchove à Bruxelles le 20 novembre 2015. - Sierakowski/Isopix/SIPA

Un scénario cauchemardesque. Ce samedi matin, le coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, a admis le pire serait sans doute bientôt possible. « Je ne serais pas étonné qu’avant cinq ans, il y ait des tentatives d’utiliser l’internet pour commettre des attentats », notamment en prenant le contrôle du « centre de gestion d’une centrale nucléaire, d’un centre de contrôle aérien ou l’aiguillage des chemins de fer », a estimé Gilles de Kerchove dans une interview au quotidien La Libre Belgique.

Montée en compétence des djihadistes

« A un moment donné, il y aura bien un gars » au sein de l’organisation djihadiste Daesh « avec un doctorat en technologie de l’information qui sera capable d’entrer dans un système », a-t-il estimé.

La miniaturisation des explosifs mais également la connaissance accrue des combattants de Daesh dans les biotechnologies constituent de réelles menaces pour l’avenir, selon lui.

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« Que se passera-t-il quand on sera à "comment élaborer un virus dans la cuisine de sa mère" ?", s’est-il demandé.

En revanche, Gilles de Kerchove a estimé que le département belge de la Défense était « assez bon » en matière de cybersécurité. « Ils n’ont, bien sûr, pas les capacités de représailles des Français, des Anglais ou des Américains, mais en cas d’attaque, je pense que notre département de la Défense est assez bon », a-t-il dit, précisant cependant qu’il ne savait pas « si le gouvernement » belge était « capable d’anticiper et de résoudre de grosses attaques ».

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Suspicions et sécurité renforcées

Des médias belges et internationaux ont rapporté vendredi que la cellule terroriste bruxelloise responsable des attentats de mardi avait prévu une attaque à l’arme de guerre dans les rues de Bruxelles, type 13 novembre à Paris, et la fabrication d’une « bombe sale » radioactive après une surveillance vidéo par deux des kamikazes, les frères El Bakraoui, d’un « expert nucléaire » belge.

A la suite des attaques survenues mardi à Bruxelles qui ont fait 31 morts, la sécurité avait été renforcée autour des deux centrales nucléaires de Belgique.

C’est dans ce contexte de suspicion sur la sécurité des sites nucléaires qu’un agent de sécurité dans le nucléaire a été abattu et son badge volé jeudi soir dans la région de Charleroi, dans le sud de la Belgique, selon le journal La Dernière heure. Ce samedi, la piste terroriste a toutefois été formellement démentie, rapporte l'agence de presse Belga, citant le parquet de Charleroi (sud du pays). Le juge d'instruction spécialisé dans les matières terroristes n'a pas été saisi.

Les raisons de la mort de la victime, abattue, tout comme son chien, de plusieurs balles à son domicile, ne sont pas encore connues mais les enquêteurs pensent à un cambriolage qui aurait mal tourné ou à un crime pour des raisons privées. Le parquet de Charleroi a également démenti le vol d'un badge d'accès de centrale nucléaire.

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