Daesh a déjà utilisé des armes chimiques, affirme le directeur de la CIA sur CBS.
Daesh a déjà utilisé des armes chimiques, affirme le directeur de la CIA sur CBS. - CBS

L'information, déjà évoquée à de nombreuses reprises depuis août dernier, se confirme. Daesh a déjà utilisé à plusieurs reprises des armes chimiques sur le champ de bataille et peut fabriquer des petites quantités de chlorine et de gaz moutarde, a déclaré le directeur de la CIA John Brennan à la chaîne CBS.

«Il y a un certain nombre de fois où le groupe Etat islamique a utilisé des armes chimiques sur le champ de bataille. La CIA pense que l'EI a la capacité de fabriquer des petites quantités de chlorine et de gaz moutarde», a-t-il dit selon des extraits d'une interview diffusés jeudi par la chaîne.

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Interrogé sur la capacité des djihadistes à exporter ces agents chimiques pour une utilisation hors d'Irak ou de Syrie, John Brennan a répondu qu'il était possible que cela arrive. «C'est pour cela qu'il est si important de couper les diverses routes de transport et de contrebande que (les djihadistes) ont utilisé», a-t-il souligné.

Une première depuis l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995

Mardi, le coordonnateur du renseignement américain James Clapper avait affirmé que Daesh avait «utilisé des produits chimiques toxiques en Irak et en Syrie, y compris» le gaz moutarde. Il avait expliqué que c'était la première fois qu'un groupe extrémiste avait produit et utilisé un agent chimique dans une attaque, depuis l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, en 1995.

Depuis le début du conflit syrien, les camps en présence ont été accusés à plusieurs reprises d'avoir eu recours à des armes chimiques. Mi-août, un responsable américain avait déjà indiqué, sous couvert de l'anonymat, que l'administration américaine jugeait «plausible» l'utilisation de gaz moutarde par Daesh.

Tests sanguins chez des combattants peshmergas

Ces déclarations étaient survenues quelques jours après une attaque de Daesh le 11 août dans les environs de Makhmour, dans le nord de l'Irak, où l'utilisation d'armes chimiques par les djihadistes avait été alléguée par plusieurs sources. En octobre, le gouvernement du Kurdistan autonome irakien a indiqué que les tests sanguins chez des combattants peshmergas engagés dans l'épisode de Makhmour avaient bien montré la présence «des traces de gaz moutarde».

Le commandement militaire américain au Moyen-Orient, le Centcom, a en revanche refusé jusqu'à maintenant de confirmer la présence de gaz moutarde à Makhmour. Un porte-parole du Centcom avait indiqué mi-août que des analyses devaient être faites sur des fragments collectés sur le terrain, mais le résultat de ces analyses n'a jamais été communiqué.

L'utilisation possible d'agents chimiques par Daesh a également été rapportée par des sources locales le 21 août à Marea, principal bastion des rebelles dans la province d'Alep dans le nord de la Syrie. Le gaz moutarde est un gaz asphyxiant utilisé pour la première fois par les Allemands à Ypres en Belgique en 1917.

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