Un Rafale français sur une base du Golfe, septembre 2015.
Un Rafale français sur une base du Golfe, septembre 2015. - ECPAD/EMA/SIPA

Comment intensifier la campagne militaire menée contre Daesh, qui recule en Irak et en Syrie mais conserve une puissante force de frappe et d’attraction ? C’est la question inscrite à l’ordre du jour de la coalition menée par les Etats-Unis qui se réunit ce mercredi à Paris. Jean-Yves Le Drian y accueillera les représentants venus des Etats-Unis, d’Australie, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, d’Italie et des Pays-Bas.

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« Ils vont voir ce qui peut être nécessaire pour accélérer le tempo » de la campagne, a-t-on expliqué dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian en souhaitant que ce rendez-vous s’institutionnalise.

Accélérer les frappes tout en respectant les normes

Depuis les attentats de Paris en novembre, les frappes aériennes de la coalition se sont intensifiées contre l’organisation Etat islamique (EI), notamment sur les sites d’hydrocarbures. « Cela porte déjà ses fruits : il y a des tensions au sein de l’organisation, des baisses de rémunération des combattants, des effets d’érosion de Daesh (acronyme de l’EI) », assure-t-on au ministère français de la Défense. L’EI recule en Irak où l’armée régulière, en pleine réorganisation, a notamment rencontré un premier succès à Ramadi.

Pour le chef des opérations à l’état-major des armées françaises, le général Didier Castres, la stratégie militaire de la coalition souffre toutefois de « faiblesses pour produire des effets rapides », notamment dans les « moyens engagés ». Environ 100 sorties aériennes sont effectuées chaque jour, « les trois quarts en Irak et un quart en Syrie », contre 2.000 lors de la première guerre du Golfe en 1991 et 250 en Libye en 2011, a-t-il expliqué le 16 décembre au Sénat. Les frappes peuvent « sans doute encore s’accélérer mais la coalition fonctionne selon des normes, notamment de dommages collatéraux, extrêmement exigeantes », souligne-t-on dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian.

Les sept ministres vont également étudier quels moyens supplémentaires mobiliser, en nombre d’avions ou de « formateurs pour accélérer la montée en puissance des forces locales qui reprendront du terrain à Daech », relève-t-on au ministère français de la Défense.

Des troupes au sol, mais pas occidentales

Les Etats-Unis, eux, mettent l’accent sur la nécessité d’obtenir plus de contributions des autres pays partenaires en Europe, au Moyen-Orient, notamment dans le Golfe, ou en Asie. « Beaucoup peuvent faire plus », soulignait le secrétaire à la Défense américain, Ashton Carter, le 13 janvier.

Il faut une « approche coordonnée en direction des pays du Golfe », note-t-on de source militaire américaine. Ces pays, très engagés contre la rébellion au Yemen, sont très peu présents dans la campagne aérienne au Levant. Ils pourraient aussi envoyer des troupes terrestres, les Occidentaux rechignant de leur côté à renouveler l’expérience des Américains en Irak par une présence massive au sol.

Malgré ses récentes défaites, l’EI, qui compte 30.000 combattants, continue d’attirer une centaine de combattants étrangers par semaine, souligne Didier Castres. D’où la nécessité d’étanchéifier complètement la frontière entre Syrie et Turquie, par laquelle les nouvelles recrues continuent de passer. « La fermeture de cet accès constituerait un nouveau revers majeur pour Daesh, cela fait partie des objectifs que nous devons poursuivre dans les mois qui viennent », souligne-t-on dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian.

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