Deux otages de l'Etat islamique.
Deux otages de l'Etat islamique. - AP/SIPA

Des exécutions effroyables. Sur les vidéos de décapitations publiées par l’organisation de l'Etat islamique, un aspect peut sembler déroutant: les otages, agenouillés en combinaison orange, sont impassibles quelques secondes avant leur mise à mort. «Saleh» (nom changé), un ancien traducteur de Daesh, aujourd’hui en Turquie, apporte une réponse lors d’une interview donnée à Sky News.

Les otages seraient régulièrement soumis à des simulacres d’exécution. Lors du moment fatal, ces derniers penseraient, à tort, qu’il s’agit d’une énième répétition de vidéos de propagande. Mohamed Emwazi, le bourreau de l’EI plus connu sous le surnom de «Jihadi John», aurait demandé à Saleh de parler aux otages pour instaurer un climat de confiance. «Dis-leurs "on ne les tuera pas, ce n’est que des vidéos, on veut juste que votre gouvernement cesse d'attaquer la Syrie"», ajoutant: «Nous n'avons aucun problème avec vous, vous êtes seulement nos visiteurs.»

L’ancien traducteur explique aussi que les geôliers donnaient des noms arabes à leurs prisonniers pour qu’ils se sentent «entre amis» et «les calmer». Ainsi, le photographe japonais Kenji Goto était appelé «Abu Saad». «J’ai remarqué que lorsqu’ils l’appelaient Abu Saad, il se relaxait», ajoute Saleh. Etre plus calme pour être mieux exécuté.

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