Le discours d'Hillary Clinton sur Internet fâche Pékin

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Publié le 22 janvier 2010.

INTERNATIONAL - La Chine réagit vivement aux accusations de censure qu'a formulées la chef de la diplomatie américaine jeudi...

Pékin hausse le ton. Dix jours après la controverse sur Google, la Chine a accusé ce vendredi le chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton de mettre en danger les relations sino-américaines. En cause, son discours de jeudi sur Internet et la censure.

«Nous nous opposons fermement à ces déclarations et actes qui vont à l'encontre des faits et sont préjudiciables aux relations sino-américaines», a déclaré le porte-parole du ministère Ma Zhaoxu dans un communiqué. «L’Internet chinois est ouvert, la Chine est également un pays où le développement d'Internet est très actif», a-t-il ajouté, soulignant que le pays asiatique disposait de 384 millions d'internautes à la fin 2009, soit la première population au monde, de 3,68 millions de sites Internet et de 180 millions de blogs.

«La Constitution chinoise protège la liberté d'expression des citoyens, promouvoir le développement d'Internet est une politique constante pour nous», a également assuré le porte-parole.

«Protéger le développement sain et stable des relations sino-américaines»

Jeudi, Hillary Clinton avait érigé les Etats-Unis en gardiens de la liberté d'expression sur Internet et invité les entreprises à refuser la censure, au moment où Google se plaint d'attaques informatiques en provenance de Chine. Ce vendredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères vivement incité les Etats-Unis «à respecter les faits et arrêter de saisir le supposé problème de liberté d'expression sur Internet pour faire des reproches injustifiés à la Chine».

Ma Zhaoxu a cependant affirmé que Pékin souhaitait «renforcer le dialogue, les échanges et la coopération» avec les Etats-Unis, tout en «réglant de manière appropriée les divergences et questions sensibles afin de protéger le développement sain et stable des relations sino-américaines». Ces dernières sont de plus en plus étroites, mais encore marquées par la méfiance.

En décembre à Copenhague, à l'occasion de la conférence sur le climat des Nations unies, les deux plus grands pollueurs de la planète s'étaient affrontés. Les tensions commerciales se sont aussi multipliées.

Google n’est «pas un problème entre les gouvernements chinois et américain»


Cependant, jeudi, un haut diplomate chinois avait tenté de calmer le jeu sur le dossier Google. Ce «n'est pas un problème entre les gouvernements chinois et américain», a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, He Yafei, ajoutant qu'il ne fallait pas l'«exagérer». He Yafei a insisté sur le fait que «si Google et d'autres entreprises étrangères ont des problèmes en Chine, il faut les résoudre par la loi et le gouvernement est prêt à les aider».

Jeudi, le groupe américain a expliqué être en pourparlers avec les autorités chinoises. «À ce jour nos activités en Chine n'ont pas changé: nous continuons à suivre leurs lois, nous continuons à donner des résultats censurés. Mais dans un délai raisonnablement court nous apporterons des changements», a déclaré le PDG Eric Schmidt. «Nous aimons faire affaire en Chine», a-t-il ajouté, mais «nous voudrions [y être présent] en des termes différents».
B.D. avec agence
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