SANTE - La justice a sévèrement sanctionné les responsables industriels, mais les politiques s'en sortent bien...
La justice chinoise a condamné deux accusés à la peine de mort dans l'affaire du
lait frelaté. Une autre personne écope de la même sanction, mais avec sursis. Si la Chine a voulu se montrer intraitable avec les trafiquants dans ce scandale, les responsables politiques, eux, sont passés entre les gouttes.
Parmi les deux condamnés, Zhang Yujun, le producteur de la poudre contenant de la
mélamine, reconnu coupable d'avoir «mis en danger la sécurité publique» en
écoulant 600 tonnes de sa marchandise. Le lait avait provoqué des troubles rénaux chez 300.000 enfants, six d'entre eux ayant perdu la vie.
Les autorités pas pressées de réagir
Pour l'ancienne patronne du groupe Sanlu, au cœur du
scandale, ce sera la prison à perpétuité. Cette ancienne cadre du parti communiste chinois (PCC) était accusé d'avoir étouffé l'affaire. Pour trois anciens de ses collègues, cadres supérieurs dans l'entreprise, ce sera cinq à 15 ans de prison. L'un d'entre eux comparaissait en chaise roulante, ayant perdu l'usage de ses jambes après une tentative de suicide.
Le groupe Sanlu, ancien fleuron de l'industrie laitière chinoise, est désormais en quasi-faillite et s’est vu infliger une amende de 50 millions de yuans (5,6 millions d'euros). Le père d'un enfant tombé malade a cependant regretté la clémence de la Justice, estimant que «les autorités gouvernementales devraient être punies».
Car si le géant laitier a mis plusieurs mois à avertir les autorités locales, celles-ci, à la veille de l'ouverture des jeux Olympiques de Pékin, ne se sont pas montrées très promptes à réagir. Une
attitude qui écorne encore un peu plus la réputation des
produits chinois dans le monde.
J.M. avec agence
Les indemnisations jugées insuffisantes
Les 22 entreprises ayant mis sur le marché des produits frelatés ont annoncé la création d'un fonds spécial d'indemnisation, doté de 160 millions de dollars (123 millions d'euros). Les familles et les avocats des victimes ne se satisfont pas de cette initiative, soulignant que certains parents d'enfants tombés malades ne recevraient que 300 dollars (230 euros).