Séisme en Chine: les secours entravés par une forte réplique et des intempéries

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Publié le 18 mai 2008.

CATASTROPHE - Une forte réplique ressentie dans le sud-ouest de la Chine a entravé encore un peu plus dimanche la recherche de survivants au séisme de lundi et l'aide aux quelque 5 millions de réfugiés menacés par des risques d'épidémies.

Une forte réplique ressentie dans le sud-ouest de la Chine a entravé encore un peu plus dimanche la recherche de survivants au séisme de lundi et l'aide aux quelque 5 millions de réfugiés menacés par des risques d'épidémies.

La réplique, de magnitude 6 sur l'échelle de Richter, a secoué tôt dimanche la ville de Jiangyou, dans la province dévastée du Sichuan. Selon un responsable local contacté par l'AFP, elle a fait au moins 3 morts et plus de 50 blessés.

«Quand la réplique a frappé, les mères ont serré dans leurs bras leurs enfants en pleurs et essayé de les réconforter, en leur disant que tout allait bien se passer», a raconté à l'AFP un habitant, Dai Yong.

Depuis le tremblement de terre de lundi, dont la magnitude a été révisée par les Chinois à 8 sur l'échelle de Richter et qui pourrait avoir fait plus de 50.000 morts, plus de 20 répliques d'une magnitude de plus de 5 ont été enregistrées dans la région, selon l'agence officielle Chine nouvelle.

Dimanche, les secouristes ont réussi à sauver encore deux rescapés, qui étaient restés près 140 heures sous des décombres. Mais les chances de retrouver encore des survivants s'amenuisent d'heure en heure, d'autant que la pluie, qui aggravait également la situation des 4,8 millions de sans-abris recensés par les autorités, a elle aussi rendu plus difficiles dimanche les recherches.

Dans la ville de Maoxian, des dizaines de milliers de réfugiés ont dû se regrouper sous des bâches improvisées qui prenaient l'eau, a rapporté le site Internet Sichuan New Online. «A cause de la pluie à Maoxian, les gens passent d'une catastrophe à une autre», a-t-il commenté.

Des risques d'inondations pesaient aussi sur 21 zones déjà ravagées, alors que, selon un responsable local, les cours d'eau bloqués par les glissements de terrain qui ont suivi le séisme n'avaient toujours pas été dégagés.

Deuil national de trois jours

Dimanche, le gouvernement, qui a décrété un deuil national de trois jours à partir de lundi, a revu à la hausse le nombre de morts confirmés dans le séisme, enregistrant désormais 32.476 (bien 32.476 après révision officielle) décès pour l'ensemble des régions affectées. Le seul Sichuan recensait près de 32.000 tués. Mais les autorités redoutent que le bilan ne dépasse les 50.000.

Les responsables chinois ne déploraient encore l'apparition d'aucune épidémie dans les régions frappées. Mais les mises en garde sanitaires se multipliaient alors que les réfugiés sont entassés dans les centres d'accueil et manquent encore souvent d'eau potable.

«Parer à des flambées de maladies transmissibles est désormais la question de santé publique cruciale à laquelle est confrontée la République populaire de Chine», avait de son côté affirmé l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Les autorités chinoises s'inquiètent aussi de la présence de centaines de cadavres en décomposition et de millions de carcasses d'animaux qui pourrissent dans la chaleur humide.

Au Sichuan, seulement le tiers des cadavres -- plus de 10.000 selon le ministère des Affaires civiles -- avaient jusqu'ici pu être enterrés ou incinérés.

Au cours d'une réunion samedi soir dans le Sichuan, le président chinois Hu Jintao a exprimé sa gratitude aux «gouvernements étrangers et aux amis étrangers qui ont contribué à nos opérations de secours».

Des équipes venues du Japon, de Russie, de Singapour, de Corée du Sud, de Taïwan, de Hong Kong ont été autorisées à se joindre aux quelque 113.000 militaires et policiers chinois mobilisés. De nombreux autres pays ont apporté une aide financière et matérielle.

Deux avions de l'armée américaine ont atterri dimanche à Chengdu, la capitale provinciale, apportant notamment de la nourriture et des générateurs électriques.

Dimanche matin, un avion cargo envoyé par la France et chargé de 80 tonnes de matériels de première nécessité est arrivé à Chengdu.

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