Chine: un nouveau procès phare dans l'énorme scandale Bo Xilai

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Publié le 14 septembre 2012.

Le chef policier chinois Wang Lijun, ex-bras droit du dirigeant déchu Bo Xilai, sera jugé mardi, son procès inscrivant un nouveau chapitre au retentissant scandale qui ébranle le Parti communiste au pouvoir.

M. Wang répondra des charges de défection, abus de pouvoir et corruption, pour lesquelles il encourt théoriquement la peine capitale.

"Le procès de Wang Lijun s'ouvrira le 18 septembre", a déclaré vendredi à l'AFP le porte-parole du tribunal de Chengdu, ville du sud-ouest de la Chine où l'ex-responsable policier avait tenté de trouver refuge dans un consulat américain.

M. Wang, qui dirigeait le Bureau de la sécurité publique de Chongqing, assurait également la fonction de maire-adjoint de cette ville-province de 33 millions d'habitants.

Secondant Bo Xilai, alors flamboyant secrétaire général du Parti communiste de Chongqing, adepte d'un néo-maoïsme, il avait dirigé une lutte musclée contre la corruption dans la mégalopole, une opération marquée par de graves accusations de violation des droits de l'Homme.

En février dernier, M. Wang, brutalement tombé en disgrâce auprès de son mentor, avait tenté de trouver refuge dans un consulat américain, un événement qui a passionné les internautes et suscité les spéculations les plus folles.

C'est en effet dans ce consulat que Wang a révélé certains graves méfaits survenus à Chongqing, dont le meurtre d'un Britannique commis par Gu Kailai, la propre épouse de Bo Xilai. Cette dernière a été condamnée le mois dernier à la peine de mort avec sursis.

L'audience de jugement de l'ancien chef de la police sera forcément extrêmement sensible, à l'image de l'affaire, l'une des plus embarrassantes pour le pouvoir chinois depuis longtemps.

Ce procès va se tenir à un moment particulièrement troublé pour le Parti communiste chinois (PCC), alors que celui qui est destiné à en prendre la tête, le vice-président Xi Jinping, a disparu sans explications de la scène publique depuis une douzaine de jours.

M. Xi reste toutefois considéré par les observateurs comme le dauphin du président actuel Hu Jintao, qu'il doit remplacer aussi à la tête du PCC lors du 18e congrès du Parti attendu dans les prochaines semaines.

Wang Lijun n'a pas été vu depuis début février et est détenu au secret. Selon les services du procureur de Chengdu, les preuves de ses graves infractions sont écrasantes.

L'arrêt de renvoi au tribunal de Wang Lijun affirme notamment que celui-ci, au courant des "soupçons graves" d'homicide pesant contre Mme Gu, s'est délibérément gardé d'agir.

Il est également inculpé de "détournement de la loi à des fins personnelles", accusé d'avoir tenté d'étouffer les investigations sur le crime. Quatre gradés de haut rang ont déjà été condamnés le mois dernier à de la prison ferme pour avoir sabordé cette enquête.

Le procès de Wang Lijun, moins d'un mois après la condamnation de Gu Kailai, confirme la volonté de Pékin d'en finir avec ce scandale, même si la page ne sera vraiment tournée qu'une fois connu le sort de Bo Xilai.

Jean-Pierre Cabestan, expert de la politique chinoise à l'université baptiste de Hong Kong, estime que Wang Lijun devrait échapper à la peine de mort ainsi qu'à la perpétuité, étant donné que son rôle semble moins grave que celui de Gu Kailai.

"A mon avis il va être condamné à une peine de prison de plusieurs dizaines d'années, une peine lourde mais pas à perpétuité", a-t-il déclaré à l'AFP.

La tenue rapide du procès s'explique selon lui par la volonté du Parti de "faire le ménage avant le congrès".

© 2012 AFP
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