Une vidéo des sept Français enlevés au Cameroun postée sur YouTube

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Publié le 25 février 2013.

MONDE - L'un des otages demande au nom de ses ravisseurs la libération de plusieurs islamistes détenus au Nigeria et au Cameroun...

Des images «terriblement choquantes». C'est en ces termes que le Quai d'Orsa a dénoncé, ce lundi, la vidéo postée sur YouTube montrant les sept otages français -quatre adultes et trois enfants- enlevés mardi dernier au Cameroun aux côtés de ravisseurs disant appartenir au groupe islamiste nigérian Boko Haram.

La vidéo, tournée dans un lieu et à une date inconnus, dure plus de trois minutes et montre la famille, entourée d'au moins trois de ses ravisseurs dont les visages sont cachés. Une source proche de la famille jointe par l'AFP a confirmé l'avoir identifiée sur ce document. On ignore cependant quand la vidéo a été enregistrée, mais il semble que la famille Moulin-Fournier est regroupée. La télévision camerounaise avait indiqué jeudi, que, selon des témoins, la famille avait été divisée en deux groupes.

L'authenticité de la vidéo pas encore établie

Dans la vidéo, l'un des adultes, le père de famille Tanguy Moulin-Fournier semble-t-il, lit, visiblement sous la contrainte, un texte de revendication en français. Il demande au nom de ses ravisseurs la libération de plusieurs islamistes détenus au Nigeria et au Cameroun. «Nous avons été arrêtés par Ahlis Sunnah Lādda'awatih wal-Jihad. Ils veulent la libération des frères [du groupe] emprisonnés au Cameroun. Ils veulent la libération des femmes [du groupe] emprisonnées au Nigeria», rapporte France TV Info. «Ahlis Sunnah Lādda'awatih wal-Jihad» («Peuple engagé dans la propagation de l'enseignement du Prophète et du jihad») est le nom complet en arabe de Boko Haram.

Plus loin dans cette même vidéo, l'un des ravisseurs, en habit militaire et au visage camouflé sous un foulard, s'exprimant en arabe, menace de tuer les otages français si les revendications du groupe ne sont pas satisfaites. Il accuse le président français François Hollande, dont les armées interviennent depuis le 11 janvier au Mali, de mener une guerre contre l'islam. «Je dis au président français qui combat l’islam que nous le combattons aussi.»

S'adressant au président nigérian Goodluck Jonathan, le ravisseur déclare: «Si vous voulez que ces Français soient libérés, alors libérez nos femmes que vous avez capturées.» Au président du Cameroun, il conseille: «Relâchez nos frères détenus dans vos prisons, tous sans exception. Laissez-les partir rapidement ou vous verrez que vous aurez affaire à nous.» «Si vous ne faites pas ce que nous vous demandons, nous égorgerons ceux que nous avons pris en otage», conclut-il.

Réunion à l'Elysée

A Paris, le ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius a confirmé dans un communiqué qu'il s'agissait bien «de la famille française enlevée au nord du Cameroun». «Pour nous tous, ces images sont terriblement choquantes. Elles démontrent une cruauté sans limites», a jugé le ministre, ajoutant que «tous les services de l'Etat sont mobilisés pour libérer nos compatriotes».

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, Francis Delon, sont arrivés vers 17h à l'Elysée pour une réunion qui n'était pas prévue à l'agenda, a constaté Reuters. Les services de la présidence n'ont fait aucun commentaire dans l'immédiat sur cette réunion et son possible lien avec la vidéo montrant les otages français. Joint par 20 Minutes, le Quai d'Orsay a indiqué être «actuellement en train de prendre connaissance» de cette vidéo, dont ni la date, ni l’origine n'ont été établies pour l’heure.

Les ravisseurs des sept Français enlevés mardi dernier au Cameroun auraient été localisés dans l'Etat de Borno par les forces de sécurité nigérianes. Les otages et leurs ravisseurs se trouveraient entre les localités de Dikwa et de Ngala, dans l'extrême nord-est du Nigeria, selon une source proche des services de sécurité nigérians.

>> Regardez un extrait de la vidéo en question, flouté et sans son, pour ne pas porter atteinte à la dignité des otages:

B.D. avec agences
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