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Publié le 26 juin 2012.

PARIS - L'opposante birmane Aung San Suu Kyi est attendue mardi à Paris, dernière étape d'une triomphale tournée européenne au cours de laquelle la Dame de Rangoun sera reçue par le président François Hollande et célébrée pendant trois jours à l'égal d'un chef d'Etat.

"A l'occasion de cette visite, dernière étape de son premier déplacement en Europe depuis près de 25 ans, la France rendra hommage au combat mené par cette femme exceptionnelle en faveur des droits de l'Homme, et marquera son appui actif au processus de transition démocratique en cours en Birmanie", a déclaré lundi le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, lors d'un point de presse.

La France déroule le tapis rouge pour cette visite de l'icône de la démocratie birmane, qui sera accueillie suivant un protocole habituellement réservé aux chefs d'Etat: elle sera reçue par le président de la République, les chefs de l'Assemblée nationale et du Sénat, et le maire de la capitale.

Mme Suu Kyi, qui doit arriver à Paris mardi après-midi à sa descente du train Eurostar, en provenance de Londres, sera accueillie peu avant 15H00 par le ministre délégué au Développement, Pascal Canfin. François Hollande la recevra à 18H00 pour un entretien, qui sera suivi d'une conférence de presse, avant un dîner à l'Elysée.

Mercredi, la présidente de la Ligue nationale pour la démocratie, prix Nobel de la paix, sera faite "citoyenne d'honneur de la Ville de Paris", puis sera reçue par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. L'opposante et le ministre planteront un "arbre de la liberté" dans les jardins du Quai d'Orsay, avant un dîner en l'honneur de la Dame de Rangoun.

De source diplomatique française, on explique que Mme Suu Kyi "symbolise le combat contre une dictature à tous égards caricaturale, le courage et la résistance à l'oppression" et que sa visite constitue "un message de confiance dans l'avenir du pays".

Outre ses rencontres avec les présidents des deux chambres du Parlement, Mme Suu Kyi assistera à une conférence-débat avec des étudiants à La Sorbonne. Elle rencontrera également les représentants d'ONG françaises.

A Paris jusqu'à vendredi

"La France est un symbole dans le coeur des Birmans, ça reste le pays des droits de l'Homme, c'est un des pays qui s'est beaucoup mobilisé pour elle", a déclaré lundi à l'AFP Pierre Martial, président de l'association France Aung San Suu Kyi.

Cette visite en France a pour but, selon M. Martial, de "remercier tous ceux qui l'on aidée pendant ces longues années" de privation de liberté en Birmanie et aussi d'appeler "un certain nombre de pays à investir en Birmanie d'une façon raisonnable et équitable".

Mme Suu Kyi avait entamé le 13 juin en Suisse un voyage aux allures de tournée triomphale en Europe, où elle n'avait pas mis les pieds depuis 1988. Cette année-là, elle s'était rendue au chevet de sa mère malade et n'avait plus quitté la Birmanie, rapidement placée en résidence surveillée par la junte.

Le 16 juin à Oslo, elle a prononcé son discours de lauréate du prix Nobel de la paix, 21 ans après avoir reçu cette distinction. Elle a appelé à la réconciliation nationale, à la libération de tous les prisonniers politiques et réitéré son "optimisme prudent" dans la transition politique en Birmanie, actuellement dirigée par un ancien général, Thien Sein, qui a constitué un gouvernement presque totalement civil.

Plusieurs ONG, dont la Fédération internationale des Ligues des droits de l'Homme (FIDH), ont appelé "à une grande prudence concernant l'allègement des sanctions économiques et l'augmentation des investissements étrangers en Birmanie", soulignant "l'absence d'un système judiciaire indépendant" et "le manque de transparence des entreprises d'Etat impliquées dans les contrats d'exploitation du gaz et du pétrole".

Mme Suu Kyi quittera Paris vendredi matin pour regagner la Birmanie.

© 2012 AFP
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