Déjà 8 morts et 66 disparus autour de Brisbane, la capitale du Queensland et troisième ville d’Australie, du fait des inondations qui ravagent le nord-est du pays depuis 3 semaines. Et ce bilan risque de s'alourdir en raison des dernières crues, particulièrement dévastatrices, qui ont balayé la région dans la nuit de lundi à mardi. Plusieurs quartiers périphériques de la ville ont ainsi dû être évacués ce mardi sous la menace de crues violentes.
Anna Bligh, le Premier ministre du Queensland, l'Etat principalement affecté par la catastrophe, a évoqué une situation sombre et désespérante, ajoutant que le pic des inondations qui menacent Brisbane était attendu mercredi ou jeudi. Elle a dit s'attendre à ce que le niveau des eaux dépasse celui des inondations de 1974, qui avaient fait 14 morts dans la capitale de l’Etat.
Le maire de la ville, Campbell Newman, a prédit que quelque 6.500 maisons ou bureaux seraient inondés jeudi. Il a précisé que le principal lac de retenue en amont de Brisbane, qui avait jusqu'ici protégé la ville de la montée des eaux, était plein et que les autorités avaient été contraintes de le vider partiellement. La pluie battante sur la région aggrave la situation.
Quatre personnes sont mortes noyées lundi dans la ville de Toowoomba, où un torrent boueux précédé d'une vague de deux mètres de haut a déferlé dans les rues. «On pourrait décrire cela comme un tsunami intérieur, un énorme mur d'eau qui a dévalé de la vallée de Lockyer», a déclaré le commissaire de police Bob Atkinson. Les rivières sont par endroits montées de 8 mètres en une heure, prenant les habitants et les autorités totalement par surprise.
La police a prévenu que le niveau des eaux pourrait atteindre 16 mètres, alors que des pluies diluviennes continuent de s'abattre sur la région. La police a secouru par hélicoptère une quarantaine de personnes juchées sur des toits et a déployé d'importants secours pour retrouver les personnes portées disparues dans la vallée de la Locker River.
Les inondations qui ont débuté vers Noël se sont étendues sur une zone grande comme la France et l'Allemagne réunies. Elles ont été attribuées au phénomène climatique de La Niña, qui refroidit les eaux de l'est de l'océan Pacifique. Plus de 200.000 personnes et 10.000 habitations ont été affectées par ces intempéries. Les dégâts sont évalués à six milliards de dollars.