Allemagne: Merkel surfe sur sa popularité aux dépens d'un rival effacé

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Publié le 27 septembre 2009.

LÉGISLATIVES - La chancelière allemande devrait être reconduite dimanche. Pourquoi? Décryptage...

Populaire mais sans charisme, la chancelière allemande, Angela Merkel, devrait, sauf surprise, être reconduite pour quatre ans à l'issue des élections législatives de dimanche. Son parti, la CDU (conservateurs), caracole en tête des sondages avec 35% des intentions de vote, loin devant le SPD (sociaux-démocrates) de son rival Frank-Walter Steinmeier, qui ne recueille que 26%. Décryptage.

Le facteur Merkel «En général, les chanceliers allemands jouissent d'une bonne popularité, et c'est particulièrement vrai pour Merkel», explique Hans Stark, secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes. Merkel joue de son image consensuelle et n'a pris aucun risque dans sa campagne. Trop de prudence? Agacée par la «mollesse» de la chancelière, la CDU bavaroise lui a reproché de mener une «campagne au Valium». En face d'elle, le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier, pourtant co-chancelier et ministre des Affaires étrangères, est apparu comme compétent, mais complètement effacé.

Le bilan La grande coalition CDU-SPD qui gouverne depuis quatre ans est créditée de plusieurs succès: l'Allemagne compte actuellement 3,4 millions de chômeurs, soit un million de moins qu'en 2005. En 2007 et 2008, le gouvernement est même parvenu à l'équilibre budgétaire, avant le début de la crise économique mondiale. Les Allemands jugent d'ailleurs que le gouvernement a plutôt bien géré la crise, et ont particulièrement apprécié le dispositif de «prime à la casse». Cette année, la récession pourrait atteindre 5 à 6%, un record depuis 1945. Mais le début de reprise enregistré au deuxième trimestre a réjoui les milieux financiers. Un bon bilan dont seule la chancelière a tiré profit.

Les chantiers à venir Quatre gros dossiers l'attendent: énergie, santé, crise et Afghanistan. Sur le premier, la CDU et le SPD s'opposent : les sociaux-démocrates ont fait voter l'abandon du nucléaire pour 2020, alors que les conservateurs voudraient poursuivre au-delà. L'issue dépendra du jeu des alliances de la future coalition. Idem pour la poursuite de la réforme de santé, considérée comme le principal ratage de la grande coalition. Le compromis bancal trouvé par la CDU et SPD pourrait être remis en cause par une alliance entre conservateurs et libéraux (FDP). Le futur gouvernement aura aussi fort à faire pour gérer la crise économique : l'Allemagne tentera de revenir à l'équilibre budgétaire sans compromettre la reprise. Il devra enfin s'attaquer à l'épineux dossier de l'Afghanistan, à l'heure où une grande majorité des Allemands réclame le retrait de leurs 4 200 soldats.

Sophie Cois
Emploi

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