CRIMINALITE - Les enquêteurs tiendront à jour une liste de sites interdits, dont l'accès sera bloqué...
C'est l'union sacrée contre les pédophiles. Les principaux fournisseurs d'accès à Internet allemands se sont engagés ce vendredi à bloquer l'accès aux sites web pédopornographiques que leur signaleront les enquêteurs de la police criminelle.
La liste des sites interdits sera mise à jour quotidiennement par la police. Les internautes qui tenteront d'accéder à l'un de ces sites obtiendront un message d'erreur, mais leur adresse IP ne sera pas communiquée aux autorités.
Un coup à la «webcriminalité»
Grâce à ce dispositif, ceux qui mettent en ligne des images pédopornographiques «gagneront moins d'argent», ce qui portera un coup à la «webcriminalité», a assuré la ministre allemande de la Famille,
Ursula von der Leyen.
La mesure, inspirée des dispositifs en vigueur en Scandinavie, aux Pays-Bas, en Suisse, au Royaume-Uni ou au Canada, doit être effective au plus tard dans six mois. L'accord a été salué par l'Unicef comme «étape importante» qui doit cependant être suivie d'autres mesures pour lutter contre l'ensemble de la filière pédophile.
Le «Chaos computer club» craint la censure
Il a revanche été vivement critiqué par le «
Chaos computer club» (CCC), une association opposée à la censure sur Internet. «Le système pourrait facilement être étendu et conduire à la censure de n'importe quel site Web», a dénoncé le
CCC, dont des militants ont manifesté ce vendredi matin à Berlin en marge de la signature de l'accord.
«Chacun sait que les abus sur les enfants ne peuvent être combattus avec des listes secrètes» de sites interdits, a assuré l'association dans un communiqué. La veille, la police allemande avait annoncé avoir identifié, grâce à un logiciel de surveillance, quelque
9.000 «internautes pédophiles» présumés dans le monde entier, dont 1.000 en Allemagne.
J.M. avec agence