Tim Kretschmer, portrait d'un tueur

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Publié le 13 mars 2009.

ALLEMAGNE - Il n'avait pas d'antécédents selon les officiels. Il a cependant abandonné un suivi psychiatrique, surtout tué des femmes au cours de cette fusillade et son père avait plus de quinze armes à feu chez lui...

Contrairement à ce qu'elle avait annoncé, la police allemande a indiqué jeudi avoir des doutes sur l'existence du message de menaces qu'aurait écrit Tim Kretschmer sur un chat Internet quelques heures avant la tuerie.


«J'en ai marre, j'en ai assez de cette vie qui n'a pas de sens, c'est toujours la même chose. Tout le monde se fiche de moi et personne ne reconnaît mon potentie J'ai des armes ici, demain matin j'irai à mon ancienne école et ça va vraiment barder. Restez à l'écoute, vous entendrez parler de moi demain. Retenez bien le lieu: Winnenden..», aurait soit disant écrit le jeune homme à 2h47 dans la nuit de mardi à mercredi, selon deux témoins. Mais la police n'a trouvé aucune trace sur son ordinateur, et l'hébergeur du forum confirme que le message n'a jamais existé.



Un fan de Counterstrike


L'an dernier, l'adolescent avait été suivi à plusieurs reprises dans une clinique psychiatrique pour dépression, a révélé le procureur de Stuttgart, Siegfried Mahler. «Il devait ensuite poursuivre des consultations, mais apparemment il ne l'a pas fait.»

A 9h30 ce mercredi matin, vêtu d'une tenue de combat noire, il est revenu dans son ancienne école pour tuer et, au bout du compte perdre sa propre vie.

Les voisins interrogés par la presse le voyaient également comme «un jeune homme tout à fait normal». C'est tout juste si une ancienne camarade de classe se rappelle qu'il était «un peu renfermé sur lui-même» et une voisine note qu'il «portait des habits habituellement foncés».

Le garçon, qui passait «beaucoup de temps sur son ordinateur», était un adepte de jeux vidéo violents comme Counterstrike selon le site de la chaîne RTL et les murs de sa chambre étaient décorés avec des armes à feu.

Un tueur frustré qui visait les femmes?


Un autre camarade affirme cependant qu’il était «très frustré». Le site du Bild se pose d'ailleurs une question: «Tim n'avait-il l'intention de tuer que des femmes?» On trouve effectivement huit écolières et trois enseignantes parmi les victimes au bout du compte. Un cas similaire avait été observé au Canada où un étudiant recalé de l'École Polytechnique de Montréal était revenu tuer des étudiantes qui, selon lui, voulaient «conserver les avantages des femmes tout en s’accaparant ceux des hommes». Pour le penseur allemand Hans Magnus Enzensberger, ces désespérés font tous partie du même profil social, celui du perdant radical, un homme perdu entre les attributs de l'homme d'avant l'émancipation des femmes et la situation à laquelle ils doivent faire face au quotidien dans les sociétés occidentales.

Pourtant, «il a grandi dans une famille heureuse», il avait une soeur cadette «avec laquelle il s'entendait bien», a assuré le ministre Rech. «Il n'avait pas beaucoup d'amis, mais il cultivait quelques amitiés, et il y avait une fille en particulier qui l'intéressait».

Comment se fait-il que cet adolescent ait été capable d'un tel déferlement de violence? La police se tourne vers sa famille pour trouver la réponse à cette question.

«Il lui restait 130 balles»


Juste après la tuerie, une unité spéciale de la police a pénétré dans le domicile familial du village voisin de Weiler-zum-Stein et ramené la mère de Tim au poste pour un interrogatoire. Une arme (un pistolet de marque Beretta) manquait dans l'arsenal privé mais légal du père qui en compte habituellement... quinze, seize, dix-sept ou dix-huit selon les sources. Cinquante munitions avaient également disparues. L'Allemagne s'était pourtant dotée d'une législation encore plus stricte en la matière en 2002.

Tim avait apparemment découvert le code à huit chiffres de l'armoire blindée où celui-ci entreposait un arsenal de quinze armes, achetées légalement. Il a tiré en tout à plus de 100 reprises, et «il lui restait plus de 130 balles sur lui lorsqu'il s'est donné la mort», a précisé Erwin Heger, le chef de la police locale.

Les parents de Tim étaient propriétaires d'une usine de tronçonneuses et d'outils, selon rtl.de, et le père était membre du club de tir de Winnenden. Une simple passion pour les armes et la mécanique explique-t-elle cet arsenal? C'est ce que semble penser la presse allemande pour l'instant.

La carte de la journée de Tim Kretschmer:


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  • Bill64 11.3.2009 - 18h52

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