Avalanche au Népal: Il n'y a «plus d'espoir de retrouver des disparus»

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Publié le 24 septembre 2012.

CATASTROPHE - «Il est possible que les corps soient impossibles à retrouver», estime le syndicat national des guides de montagne...

Les espoirs de retrouver vivants deux alpinistes français et un Canadien portés disparus au Népal après une avalanche qui a fait au moins neuf morts, dont quatre Français, étaient presque réduits à néant lundi soir, selon les autorités népalaises.

Le trio, parmi lequel figurait Rémy Lécluse, un guide de haute montage respecté, faisait partie d'un groupe d'alpinistes occidentaux qui dormaient dans un camp proche du sommet du mont Manaslu (8.156 m), parmi les plus dangereux du monde, lorsqu'un mur de neige et de glace les a frappés dimanche à 4h (00h15 heure française).

«Personne d'autre à cette altitude ne peut les aider ou les soigner»

«J'ai la tristesse de dire que la possibilité que les disparus aient survécu à l'avalanche s'est presqu'évanouie», a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère du Tourisme, Balkrishna Ghimire, indiquant toutefois que les recherches sur le terrain continuaient après l'arrêt du survol en hélicoptère. «L'avalanche s'est produite à 7.300 m, une altitude très élevée. Même si les alpinistes disparus sont seulement blessés, il sera très difficile pour eux de rester en vie. Il n'y a pas d'implantation humaine et personne d'autre à cette altitude pouvant les aider et les soigner», a-t-il ajouté.

Il n'y a «plus d'espoir de retrouver des disparus», avait annoncé plus tôt ce lundi le vice-président du syndicat national des guides de montagne (SNGM), Christian Trommsdorff. «Les recherches ont été arrêtées pour aujourd'hui et elles pourraient l'être définitivement, selon des informations remontées du camp de base par les guides, car on considère qu'il n'y a plus d'espoir de retrouver les disparus», a-t-il déclaré lors d'un point de presse à Chamonix, ajoutant: «Ils ont fait ce qu'ils ont pu». «L'avalanche s'est produite sur une zone de crevasses et il est possible que les corps soient impossibles à retrouver», a-t-il ajouté.

Quatre morts français et deux disparus

Le bilan des victimes françaises s'établit à quatre morts, deux guides de Chamonix et deux clients, et à deux disparus, un guide et son client. Le Quai d'Orsay a confirmé ce bilan à la mi-journée. La septième personne présentée comme française est de nationalité canadienne et non franco-canadienne, a-t-il souligné. Parmi les morts figurent en outre un ou deux Espagnols, un Italien, un Népalais et un Allemand.

L'avalanche survenue sur le mont Manaslu (8.156 m) a fait au moins neuf morts et sept disparus. Les victimes faisaient partie d'un groupe de 25 à 30 alpinistes en route pour ce sommet réputé peu technique mais dangereux, lorsque leur camp, situé à 6.800 mètres, a été frappé par un mur de neige et de glace dimanche à l'aube.

Cinq personnes secourues dans la matinée

Plus tôt ce lundi, on a appris que cinq personnes de plus ont été secourues. Cet incident est l'une des pires catastrophes des dernières décennies dans l'Himalaya. Les victimes faisaient partie d'un groupe de 25 à 30 alpinistes sur le point d'atteindre le sommet de ce mont parmi les plus dangereux du monde, lorsque leur camp de base a été frappé par un mur de neige et de glace dimanche à l'aube. «La plupart des personnes ayant trouvé la mort sont françaises», avait indiqué dimanche le sherpa Ang Tshering, vice-président de l'Association des alpinistes du Népal, après s'être entretenu par téléphone satellitaire avec des membres de l'expédition au camp de base N°3 de l'expédition, situé à 7.000 mètres d'altitude.

«Ce drame touche durement notre profession, c'est le bilan le plus lourd enregistré depuis l'accident d'avalanche du Kang Guru en 2005 au Népal», souligne dans un communiqué le SNGM. Sept Français et onze accompagnateurs népalais avaient trouvé la mort.

«J'ai vu un membre de l'équipe mourir»

Selon l'un des survivants italiens, un sérac s'est détaché du flanc de la montagne à environ 7.400 m et aurait provoqué, en tombant, une avalanche qui s'est abattue sur le camp de base n°3. A ce moment-là, tous les alpinistes dormaient dans les tentes avec les sherpas et ont été frappés de plein fouet par l'énorme masse de neige et de glace, a déclaré l'alpiniste à l'agence Ansa.

«Tout à coup, il a fait nuit noire», a raconté un survivant de nationalité allemande, Andreas Reiter, 26 ans. «J'ai compris que nous devions être sous une avalanche. J'ai vu un membre de l'équipe mourir», a-t-il dit depuis son lit d'hôpital à Katmandou, cité par le Himalayan Times. Deux alpinistes français ont pu être «évacués vers Katmandou», a confirmé une source au ministère français des Affaires étrangères. «Il y avait plusieurs groupes faisant l'ascension (du Manaslu), dont deux groupes français», selon la même source qui a refusé de confirmer la mort de ressortissants français.

«A cette altitude, les secours sont très compliqués et il faudrait un miracle»

A Chamonix (Haute-Savoie), la communauté montagnarde, une nouvelle fois durement frappée, attendait avec angoisse l'identification des victimes, sans grand espoir de retrouver des survivants. «A cette altitude, les secours sont très compliqués et il faudrait un miracle» pour retrouver les alpinistes portés disparus, a déclaré dimanche à l'AFP Eric Favret, président de la compagnie des guides de Chamonix. «L'émotion est toujours aussi intense! On ne s'habitue jamais, surtout quand on voit la vitesse à laquelle s'enchaînent les événements», a-t-il ajouté, en allusion à l'avalanche du Mont Maudit dans le Mont-Blanc, qui avait tué neuf alpinistes étrangers, le 12 juillet dernier.

Le Népal compte huit des 14 plus hauts sommets du monde (plus de 8.000 mètres), dont le plus élevé de tous, l'Everest. L'Himalaya attire chaque année des milliers d'alpinistes, surtout au printemps mais également fin septembre et en octobre, après la mousson. Le pire accident de montagne qu'ait connu ce pays remonte à 1995, lorsqu'une gigantesque avalanche avait frappé le camp d'un groupe de Japonais dans la région de l'Everest, faisant 42 morts.

N. Bg. avec AFP
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