Le président sortant du Rwanda, Paul Kagame, semblait assuré d'une réélection à une majorité écrasante au vu des résultats partiels tombés ce mardi matin, tandis que ses partisans fêtaient en masse leur victoire dans la capitale.
Paul Kagame a remporté 92,9% des votes, selon des résultats partiels fondés sur 11 des 30 circonscriptions du pays, a annoncé le président de la commission électorale, Chrysologue Karangwa, devant des dizaines de milliers de partisans du président réunis au stade de football de la capitale pour célébrer leur victoire.
Présent au stade, le président Kagame a fêté sa victoire en dansant avec sa famille dans sa loge du stade, avant de s'adresser à ses partisans: «Je veux vous remercier d'avoir fait le bon choix et d'avoir attendu jusqu'à maintenant», a-t-il lancé à la foule. «C'est la victoire du peuple du Rwanda», a-t-il ajouté, avant d'annoncer que la suite des résultats viendrait ce mardi.
Auparavant, d'autres résultats partiels, annoncés sur un écran géant, et concernant les votes des Rwandais à l'étranger, donnaient 96,7% de voix au président sortant, déclenchant des scènes de liesse dans la foule.
Le score le plus élevé parmi les rivaux du président est celui, avec 4,9% des voix, de Jean Damascene Ntawukuriryayo, du parti social démocrate (PSD), selon le responsable des sondages.
Sans vrai rival ni opposition, Paul Kagame, 52 ans, préside aux destinées de ce petit pays d'Afrique centrale depuis qu'il a mis un terme au génocide des Tutsi en juillet 1994 et sollicite un nouveau mandat de sept ans après son élection triomphale en 2003 avec 95% des voix.
Pour cette deuxième présidentielle depuis les massacres, le président du Front patriotique rwandais (FPR), l'ex-rébellion tutsi qui contrôle tous les échelons de la vie politique, affrontait trois candidats qui l'avaient soutenu en 2003.
De nets signes de tension sont cependant apparus dans les mois précédent le scrutin, avec une vague d'attaques à la grenade en février-mai à Kigali, des fractures au sein de l'élite tutsi anglophone du FPR, ainsi qu'«une répression politique croissante (de l'opposition) et un étranglement de la liberté d'expression», selon l'organisation Human Rights Watch (HRW). Environ 1.400 observateurs assistent au scrutin, parmi lesquels 214 étrangers pour le compte notamment de l'Union africaine (UA) ou du Commonwealth.