ELECTION - Après l'annonce officielle de sa réélection, l'heure est aux félicitations mais aussi aux recommandations...
Hamid Karzaï a finalement échappé à un second tour. Après
le désistement de son principal rival à la présidentielle, Abdullah Abdullah, dimanche, la commission électorale
a prononcé la victoire du président sortant ce lundi, et ce malgré les fraudes massives qui ont entaché le scrutin. En dépit de ce lourd contexte, l'heure était aux félicitations de la part des pays occidentaux. Mais également aux recommandations.
Nicolas Sarkozy a ainsi félicité son homologue afghan lundi en déclarant: «Vous avez réuni sur votre nom dès le premier tour le plus large soutien du peuple afghan», soulignant également «le retrait dans la dignité du Dr Abdullah.» Il a aussi affirmé que «la France restera engagée aux côtés du peuple afghan aussi longtemps que nécessaire».
Faire beaucoup plus contre la corruption
Tombeur du régime des talibans à la fin 2001, et principal soutien d'Hamid Karzaï depuis, Washington a ainsi félicité ce dernier pour «sa victoire dans cette élection historique». Mais
le président Barack Obama a aussi demandé lundi avoir à Karzaï de faire «beaucoup plus d'efforts sérieux pour éradiquer la corruption».
«Un programme unificateur»
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, arrivé ce lundi matin à Kaboul, a également félicité le vainqueur, l'appelant à «rapidement former un gouvernement qui sera soutenu à la fois par le peuple afghan et la communauté internationale».
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a pour sa part téléphoné à Karzaï pour le féliciter. Les deux hommes «ont discuté de l'importance que le président agisse rapidement pour établir un programme unificateur pour l'avenir de l'Afghanistan», selon un porte-parole de Downing Street.
Le PS prédit une «crise politique»
Les ministres allemand et français des Affaires étrangères, Guido Westerwelle et Bernard Kouchner, ont eux aussi appelé le président sortant à gouverner pour tous et à coopérer avec Abdullah Abdullah, lors d'une conférence de presse commune à Paris. «Nous attendons que le président afghan s'efforce de réunir les différents camps» car il doit «essayer d'être le président de tous les Afghans», a déclaré Guido Westerwelle.
Sans quoi le Parti socialiste français a prédit une «crise politique» en Afghanistan. «On est en présence d'un président "réélu" mais dont la légitimité et l'autorité seront contestées par ses adversaires, notamment par l'insurrection des talibans», déplore dans un communiqué Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS pour les relations internationales.
Image ternie
Afin de «réfléchir à une solution politique», le PS demande ainsi à l'ONU d'organiser une conférence internationale avec la participation de «toutes les composantes de la société afghane ainsi que des pays voisins de l'Afghanistan».
Depuis son élection en 2004, la situation dans le pays n'a cessé de se dégrader depuis, et Hamid Karzaï a été critiqué par les Occidentaux, notamment pour avoir laissé se développer la corruption autour de lui. Les conditions calamiteuses de sa réélection, avec des fraudes massives au premier tour, ont encore plus terni son image.
C. F. avec agence