Elections en Afghanistan: un bilan en demi-teinte

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Publié le 21 août 2009.

REVUE DE PRESSE - Les journaux occidentaux se félicitent de la tenue des élections, mais soulignent la faible participation...

La presse française et internationale dresse ce vendredi un bilan mitigé des élections afghanes, qui se sont tenus la veille. Pour le Washington Post, un premier constat s’impose: «Les élections se sont déroulées avec une souplesse et un ordre inattendus, malgré les menaces du mouvement radical islamiste des Talibans.»

Le Figaro, qui précise que l’organisation et la sécurité ont eu «un coût de 200 millions de dollars pour la communauté internationale», indique pour sa part que «les actes terroristes des talibans ont été réduits au minimum grâce à l’efficacité, une fois n’est pas coutume, des services secrets afghans».

Des attaques sporadiques et au moins 26 morts

Le Parisien rappelle toutefois que «des attaques sporadiques ont été recensées malgré l’ordre du gouvernement
Karzaï [aux médias internationaux, ndlr] de ne pas relayer les violences. On a dénombré au moins 26 morts parmi les civils et les forces de sécurité».

Pour le Chicago Tribune, «la tenue d’une élection nationale dans ce grand pays, pauvre et dominé par les insurgés, était la partie facile. Maintenant, nous allons assister à la difficile tâche de déterminer si ces élections déterminantes étaient libres et justes – ou du moins suffisantes pour que les résultats, une fois décomptés, soient crédibles.»

Le difficile décompte

Et ce décompte, c’est bien le point sensible que soulignent la majorité des journaux occidentaux ce vendredi. Comme le rapporte le New York Times, «désormais, plusieurs questions se posent au sujet du faible taux de participation qui pourrait affecter la légitimité de l’élection (…). Les premières estimations évoquent un total bien en dessous des 70% de participation aux élections de 2004». Ce vendredi, la commission électorale a en effet indiqué que le taux de participation pourrait se situer entre 40 et 50%.

Le Figaro estime donc que «d’un point de vue politique, cette journée de scrutin est décevante (…). A la dernière minute, les autorités ont même décidé de prolonger d’une heure l’ouverture des bureaux de vote, dans l’espoir, vain, de voir affluer davantage d’électeurs inscrits».

La peur des menaces

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette abstention, mais la plus courante reste la peur des menaces formulées par les talibans. Libération cite par exemple «Hamid, un entrepreneur de 24 ans [qui] ne se cache pas d’avoir cédé à la menace des talibans: "Je vais rester avec ma famille, et personne ne sortira de la maison. Un attentat peut arriver à tout moment, n’importe où. C’est beaucoup trop dangereux"».

Malgré tout, l'éditorialiste du quotidien de gauche écrit que ce scrutin montre que «la terreur ne l’emporte pas toujours». Reconnaissant que cela ne veut pas «dire que l’avenir s’éclaire, que les talibans vont reculer ou que les démocraties peuvent se rassurer», il note qu’«il y a néanmoins une leçon à ce scrutin: même dans un pays musulman qu’on dit, avec arrogance, archaïque et arriéré, l’appel de la liberté est irrésistible».

Elodie Lestrade
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