DIPLOMATIE - Pour le ministre des Affaires étrangères, il faut construire la paix avec les Afghans et soutenir le dialogue entre autorités afghanes et talibans modérés...
Après la mort samedi du
29ème soldat français, Bernard Kouchner défend la stratégie française en Afghanistan. Dans une
interview accordée au «Figaro», le chef de la diplomatie estime: «Nous n'allons pas imposer la paix, mais nous pouvons créer les conditions pour y parvenir.» Et pour cela, juge le ministre, il faut continuer à «être en phase avec la population».
Mais surtout, il faut appeler les autorités afghanes à «négocier avec les talibans». «
En tout cas, avec ceux qui sont prêts à déposer les armes et à dialoguer,» précise-t-il. Pour lui, «il y a deux sortes de talibans». «Il y a ceux qui pourraient être intégrés dans un gouvernement légal, et le président Karzaï s'est déjà dit prêt à les accueillir à Kaboul dès qu'ils voudront négocier», dit-il. «Et puis il y a les partisans du jihad global. Ceux-là se refusent à négocier», ajoute-t-il.
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A l’approche des élections du 20 août il estime que «si les Afghans parviennent à voter de la façon la plus régulière possible, ce sera un gros échec pour les talibans».
Nécessité d’une «attitude coordonnée des alliés»
Pour lui, la stratégie en Afghanistan a changé depuis les attentats du 11-Septembre et le début de l'offensive alliée. Alors qu’il s’agissait à l’origine de lutter contre Al-Qaida, «la communauté internationale s’est engagée à défendre l’existence d’un gouvernement démocratique», juge-t-il.
Alors que les députés britanniques viennent de rendre un
rapport accablant sur la mission militaire internationale en Afghanistan, le ministre des Affaires étrangères appelle à une «attitude coordonnée des alliés», rappelant que «rien ne serait pire que de négocier chacun dans son coin».
E. L.