AFGHANISTAN - Alors que les talibans émettent des menaces d'attentat sur Paris, USA estiment ne veulent pas entamer un dialogue avec eux...
Les talibans et Américains ne sont pas prêts de se poser autour d’une même table. Le temps n'est «pas encore» venu en Afghanistan d'engager des négociations avec les insurgés talibans, a jugé lundi le chef d'état-major interarmées américain, l'amiral Michael Mullen, lors d'une conférence de presse.
«Je pense que dans ces insurrections (...), il existe un groupe de réconciliables et un groupe d'irréconciliables. À un certain moment, vous commencez à avoir des conversations avec les réconciliables. Cela fait partie du processus. Quant au moment exact pour le faire, cela fait partie de ce que nous étudions, et de mon point de vue, nous n'y sommes pas encore», a-t-il déclaré.
Le Mollah Omar, une figure respectée mais pas suivie
Les groupes auxquels fait référence l'amiral Mullen sont «d'une part les talibans dits modérés qui sont plus enclins à dialoguer, et de l'autre les talibans durs», explique Didier Chaudet, chercheur à l'Ifri et spécialiste de l'Afghanistan. «De plus, l'établissement d'un dialogue avec le Mollah Omar, figure des néo-talibans, ne garantira pas nécessairement la paix. Si le mollah est une figure respectée, ses idées ne sont pas forcément suivies par tous ces petits groupes de néo-talibans», souligne t-il, «et il est difficile de connaître la véritable influence du mollah Omar sur ces groupes».
L'établissement d'un dialogue avec les chefs locaux plutôt qu'avec cette figure centrale pourrait donc se révéler plus efficace.
L'amiral Mullen a toutefois soutenu l'idée «très réaliste» de négociations sur le long terme entre les talibans et le gouvernement afghan. «Historiquement, cela s'est passé dans le cadre d'autres insurrections, et je pense que cela aura lieu aussi dans ce cas», a-t-il commenté.
Karzaï n'aura pas les moyens d'assurer la sécurité du Mollah en cas de paix
Interrogé sur la possibilité d'assurer la sécurité du mollah Omar, en échange de la paix, comme proposé par le président afghan Hamid Karzaï, Michael Mullen n'a pas souhaité commenter, en indiquant seulement: «Je laisserai le président Karzaï en décider». «Mais peut-il vraiment assurer cette sécurité au mollah Omar», s'interroge Didier Chaudet, «si un processus de paix venait à se mettre en place le mollah serait menacé par les groupes qui ne souhaitent pas voir la paix s'installer».
Mais là n'est pas encore la question puisque la Maison Blanche avait indiqué plus tôt lundi ne discerner aucun signe de bonne volonté de la part du mollah Omar.«Nous ne voyons aucune indication de la part du mollah Omar qu'il soit prêt à renoncer à la violence, à rompre tous les liens avec Al-Qaïda et à soutenir le gouvernement et la constitution d'Afghanistan», avait déclaré Gordon Johndroe, un porte-parole de la Maison Blanche,.
Maud Descamps avec agence