MEDIAS - Comme Hervé Morin, le chef d'état-major des armées conteste le terme de «rapport»...
Les autorités françaises ont finalement reconnu du bout des lèvres l'existence d'un «document», et non d'un rapport, sur l'embuscade meurtrière du 18 août contre des soldats français en Afghanistan. Sans toutefois s'accorder sur sa provenance.
Le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, a précisé lundi que ce document,
révélé par un journal canadien, était «un compte rendu» du «chef du détachement» des forces spéciales américaines. «Il y avait dans la colonne qui a participé à l'affaire d'Uzbeen (lieu de l'embuscade où 10 soldats français ont trouvé la mort, ndlr) des forces spéciales américaines, et ces forces spéciales américaines, à chaud, ont fait un compte-rendu», a déclaré Jean-Louis Georgelin sur Europe 1. «C'est le compte-rendu normal dans la vie militaire qui a été fait par le chef du détachement de l'élément des forces spéciales américaines, ce qui n'a rien d'extraordinaire», a-t-il ajouté.
Un compte-rendu à chaud
«On essaie de faire passer pour un rapport secret de l'Otan spécifique de cette opération des éléments de comptes-rendus à chaud qui ont été faits par des gens qui ont participé à l'action», a insisté le chef d'état major des armées. Le général Georgelin a également assuré qu'«à aucun moment l'ensemble du dispositif n'a manqué de munitions».
Un peu plus tôt, le ministre de la Défense Hervé Morin avait également admis sur RTL l'existence d'un «compte-rendu parcellaire effectué à chaud le lendemain ou dans les 48 heures après l'opération, à partir des éléments dont disposait» un officier du JOC (Joint Operation Center, ndlr), le centre opérationnel.»
«Le Globe and Mail» persiste et signe
L'Otan et les autorités françaises
avaient dans un premier temps démenti l'existence de tout rapport de l'Alliance sur cet épisode.
Dimanche soir, le quotidien canadien «Globe and Mail» a maintenu son information sur un rapport de l'Otan et l'auteur de l'article a précisé qu'il ne s'agissait pas d'un message électronique. «Nous maintenons notre information», a déclaré Philippe Devos, chef-adjoint du service étranger du grand quotidien de Toronto, interrogé sur les démentis de l'Otan. «Le Globe and Mail a obtenu le rapport en question d'une source fiable et a vérifié son authenticité avec d'autres sources», a-t-il ajouté dans un courriel à l'AFP, en précisant que le document porte la mention «NATO ISAF SECRET».
Mais un responsable de l'Otan s'exprimant sous couvert de l'anonymat a révélé à l'AFP qu'un courrier électronique, rédigé par un officier de l'Isaf à l'adresse du quartier général de la force de l'Otan à Kaboul et dans lequel il exprimait son avis sur l'embuscade contre l'unité française, avait fait l'objet d'une fuite.
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L'auteur de l'article, Graeme Smith, s'est déclaré surpris par les réactions suscitées par son papier, ajoutant qu'il ignorait lorsqu'il l'a écrit que le Parlement français devait voter ce lundi sur la poursuite de la mission en Afghanistan (
>> un évènement à suivre sur www.20minutes.fr). «Je suis aussi surpris que l'Otan démente l'existence de son propre rapport. Je puis vous assurer qu'il existe», avait-il écrit un peu plus tôt dans un message à l'AFP.
Ce rapport soulignerait notamment que l'unité française tombée dans une embuscade meurtrière le 18 août en Afghanistan manquait de munitions et d'équipements de communication. Dix soldats français ont été tués dans l'affrontement.
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Avec agence
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