Les conflits en Afghanistan ont fait 11.500 victimes en 2016

CONFLIT Le nombre de victimes civiles du conflit en Afghanistan a augmenté de 3 % l’an passé, selon un dernier recensement de l’ONU…

20 Minutes avec AFP

— 

Au moins une personne est décédée, le 1er février, à Lashkar Gah, lorsque cette ville du sud de l'Afghanistan a été visée par des tirs de roquettes.

Au moins une personne est décédée, le 1er février, à Lashkar Gah, lorsque cette ville du sud de l'Afghanistan a été visée par des tirs de roquettes. — Chine Nouvelle / SIPA

Avec l’intensification des combats et l’enracinement de Daesh en Afghanistan, 2016 s’avère de nouveau l’année la plus meurtrière pour les populations. Près de 11.500 civils ont été tués ou blessés l’an dernier, en augmentation générale de 3 % en un an, dont un tiers d’enfants (plus de 3.500, en hausse de 24 %), selon le huitième rapport de la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua), qui l’a présenté ce lundi.

A titre de comparaison, l’ONU en comptait moins de 6.000 lorsqu’elle a entrepris pour la première fois en 2009 de recenser le nombre de victimes. Au fil de bilans régulièrement en hausse, 24.841 civils afghans ont été tués et 45.347 blessés au total depuis cette date.

>> A lire aussi : En Afghanistan, plus de 5.000 victimes en 6 mois, un record selon l'ONU

Epargner les écoles, les hôpitaux, les mosquées

« Ce rapport révèle la cruelle réalité du conflit pour les hommes, femmes et enfants afghans qui, année après année, continuent de souffrir sans répit », a souligné le représentant spécial du Secrétaire général, Tadamichi Yamamoto, appelant « toutes les parties à prendre des mesures immédiates concrètes pour protéger » les civils. « Cessez les combats dans les zones peuplées et les espaces civils telles que les écoles, hôpitaux ou mosquées » a-t-il lancé.

Le conflit ayant rattrapé l’ensemble des 34 provinces, la Manua a enregistré un nombre record de victimes dues aux combats au sol, ainsi que « le pire bilan pour les victimes des opérations aériennes depuis 2009 », a souligné la directrice des Droits humains au sein de la Mission, Danielle Bell. Selon la Manua, les forces afghanes sont responsables de « 43 % des victimes ».

Les combats concentrés dans les zones urbaines

La stratégie du gouvernement afghan et des alliés occidentaux consistant à empêcher par tous les moyens les insurgés de s’emparer d’une capitale provinciale, les combats se sont resserrés en périphérie des centres urbains, dans des zones d’habitation. Les frappes conduites par les forces afghanes et américaines ont fait 590 victimes au sein de la population dont 250 morts, près du « double » comparé à 2015.

L’ONU attribue cependant la grande majorité (61 %) des victimes civiles aux « éléments anti-gouvernementaux », principalement les talibans mais aussi augroupe djihadiste Etat islamique (EI) dont le bilan des attaques a été « décuplé » en un an. Daesh a tué 206 civils et blessé 690 autres dans des attentats ciblant la minorité chiite, principalement à Kaboul. La Manua évoque la possibilité de « crimes contre l’humanité » en raison du caractère confessionnel de ces attaques.

L’ONU mentionne également l’autre impact de la guerre sur les civils : les déplacements de population fuyant les combats. Au cours de l’année passée, plus de 623.000 Afghans ont dû quitter leur foyer, 30 % de plus qu’en 2015, selon le bureau des affaires humanitaires (Ocha).