Les candidats à la présidentielle américaine se préparent à s'affronter face à face lors de trois débats en octobre, au cours desquels Barack Obama tentera vraisemblablement de défendre son bilan quand Mitt Romney essayera de proposer des solutions de rechange.
Les candidats à la présidentielle américaine se préparent à s'affronter face à face lors de trois débats en octobre, au cours desquels Barack Obama tentera vraisemblablement de défendre son bilan quand Mitt Romney essayera de proposer des solutions de rechange. - Chip Somodevilla afp.com

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Les candidats à la présidentielle américaine se préparent à s'affronter face à face lors de trois débats en octobre, au cours desquels Barack Obama tentera vraisemblablement de défendre son bilan quand Mitt Romney essayera de proposer des solutions de rechange.

MM. Obama et Romney débattront le 3 octobre à Denver (Colorado, ouest), le 16 à Hempstead (New York, nord-ouest) et le 22 à Boca Raton (Floride, sud-est).

Leurs colistiers Joe Biden et Paul Ryan auront également droit à un débat en tête-à-tête le 11 octobre à Danville (Kentucky, centre-est).

Le candidat républicain Mitt Romney et son équipe ont déjà passé trois jours cette semaine dans le Vermont (nord-est) pour commencer à préparer ces face-à-face alors que Barack Obama était adoubé à la convention du Parti démocrate à Charlotte (Caroline du Nord, sud-est).

Dans ce sprint intense vers l'élection du 6 novembre, les trois débats du mois d'octobre seront les seuls moments privilégiés durant lesquels les électeurs pourront voir les candidats s'opposer directement sur les principaux sujets de la campagne.

MM. Obama et Romney sont tous les deux des orateurs posés qui préfèrent les raisonnements bien pensés au détriment d'une certaine spontanéité. Mais si le vainqueur de ces débats est souvent celui qui ne fait pas l'erreur de prononcer la petite phrase de trop, cela ne signifie pas que les rencontres à venir manqueront de piquant, selon les analystes.

"M. Romney devra montrer dans ces débats, et particulièrement lors du premier, qu'il est prêt pour occuper la fonction présidentielle. Il devra faire en sorte que les gens commencent à s'habituer à l'image d'un président Romney", estime John Geer, professeur de science politique à l'Université Vanderbilt. Le candidat républicain ne manque pas d'entraînement: il a en effet participé à une vingtaine de confrontations au cours des primaires de son parti ces derniers mois.

Il va certainement reprendre l'argument du bilan des années Obama: "Vous n'êtes pas dans une meilleure situation qu'il y a quatre ans, mais moi je peux rendre votre vie meilleure".

A l'inverse, le président sortant n'a plus débattu dans ce format depuis octobre 2008 lorsqu'il était opposé à John McCain. M. Obama cherchera certainement à démontrer que son adversaire veut relancer des politiques anciennes qui ont échoué, et cherchera à s'attirer les bonnes grâces de la classe moyenne.

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"Je pense sincèrement que la position de M. Obama est plus compliquée", estime John Geer.

Un autre sujet sensible, celui de la santé, sera forcément abordé. Là, Mitt Romney ne pourra pas trop critiquer la réforme "Obamacare", qu'il veut abolir s'il est élu, puisque le président sortant s'est inspiré pour cette loi de celle que M. Romney avait mise en place dans le Massachusetts lorsqu'il en était gouverneur. "Cela peut permettre à M. Obama de mettre en doute la sincérité de M. Romney", souligne Wendy Schiller, professeur à l'Université Brown.

Mais avec encore un petit mois pour se préparer, nul doute que les deux candidats auront le temps d'affûter leurs réponses. A ce jeu, la clé pourrait être leur capacité à répondre à une question inattendue. "Là, Mitt Romney peut être très bon... ou très mauvais", note M. Geer.

Les deux candidats ont déjà fait quelques gaffes par le passé.

Mitt Romney avait ainsi renforcé son image caricaturale de multimillionnaire détaché des réalités en lançant un pari à 10.000 dollars au gouverneur du Texas Rick Perry lors d'un débat en décembre.

Barack Obama s'était quant à lui fendu d'une réflexion plutôt condescendante envers sa rivale Hillary Clinton en 2008.

Le président sortant devra aussi éviter à tout prix de commettre l'erreur d'Al Gore, le candidat démocrate pour l'élection en 2000, qui était apparu "distant et arrogant, un peu Monsieur-je-sais-tout" face à George W. Bush, selon Mme Schiller.