Québec: Les indépendantistes reviennent au pouvoir

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Publié le 5 septembre 2012.

POLITIQUE - Ils reviennent au pouvoir après neuf ans d'absence...

Les indépendantistes du Parti québécois (PQ) ont remporté mardi les élections législatives et reprendront le pouvoir à la tête de la province canadienne francophone après une éclipse de neuf ans, selon les projections de la chaîne privée de télévision TVA et de Radio-Canada.

 

La chef du PQ Pauline Marois, 63 ans, va former le prochain gouvernement et devenir ainsi la première femme Première ministre de l'histoire de la Belle province. A l'annonce donnée d'abord par TVA, les partisans du PQ ont laissé éclater leur joie, agitant des drapeaux fleurdelisés du Québec dans une salle de concert de Montréal où Pauline Marois devait plus tard prendre la parole, avant qu'une fusillade n'éclate.

L'ampleur exacte de la victoire de Pauline Marois restait toutefois inconnue en milieu de soirée: il n'était pas encore clair si la formation souverainiste allait décrocher une majorité parlementaire ou si elle devra se contenter d'un gouvernement minoritaire.

«Voter avec le cœur»

Les Québécois, qui devaient élire leurs 125 députés provinciaux, étaient animés par un fort désir d'alternance, au point de donner au scrutin des allures de référendum contre Jean Charest, le Premier ministre sortant, chef du Parti libéral du Québec (PLQ). Les résultats définitifs devaient être connus seulement en fin de soirée, compte tenu d'écarts très réduits entre les trois principaux partis en lice dans une quarantaine de circonscriptions.

Les commentaires recueillis au hasard parmi les électeurs devant des bureaux de vote semblaient confirmer que beaucoup souhaitaient surtout le départ des libéraux de Jean Charest, au pouvoir depuis 2003.

«J'espère qu'on va se débarrasser de l'ancien gouvernement, il est plus que temps de le faire», déclare Daniel Peterkin, devant un bureau de vote du centre de Montréal. Une quadragénaire venue avec une pancarte appelant à «voter avec le coeur» rêve d'un Québec indépendant, «un petit pays plus facile à gérer» et plus apte à garder ses ressources naturelles.

Derrière elle, Thérèse Boily, une grand-mère d'origine française, est sceptique. «Indépendance? Plus ou moins, je ne suis pas tellement pour ça. Habituellement, on change pour pire».

Il n'empêche que les libéraux ont recueilli bien plus de voix que ce que laissaient prévoir les sondages et qu'ils semblaient en bonne voie pour obtenir le statut de l'opposition officielle, la Coalition Avenir Québec (CAQ, centre-droit) de François Legault s'acheminant vers la troisième place.

Troisième référendum

Près de six millions d'électeurs - dont un million avaient voté par anticipation - étaient appelés à se prononcer lors d'un scrutin uninominal à un tour.

La campagne électorale a porté sur les grands enjeux de la vie de la province, en premier lieu l'économie et l'emploi, les services de santé et la nécessité de combattre la corruption, cheval de bataille de la CAQ, dont le gouvernement libéral sortant est soupçonné, sans que cela ait jamais été prouvé devant les tribunaux.

Elle a été marquée aussi par la résurgence du débat sur l'indépendance du Québec. Celle-ci est un élément essentiel de l'identité du Parti Québécois de Pauline Marois, qui se garde toutefois d'annoncer la tenue d'un troisième référendum, après les échecs précédents de 1980 et 1995.

Enfin, le conflit étudiant sur la hausse des frais de scolarité décidée par les libéraux a cristallisé l'opposition entre le PQ, qui avait pris fait et cause pour les jeunes - et compte en retirer un bénéfice électoral - et les libéraux, favorables à la hausse et flétrissant l'appui des indépendantistes aux étudiants en grève, au nom du droit d'accès à l'éducation.

M.Gr. avec AFP
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