Le président syrien Bachar al-Assad a estimé que la création d'une zone-tampon en Syrie évoquée par les Occidentaux et la Turquie pour accueillir les réfugiés, est "irréaliste".
Le président syrien Bachar al-Assad a estimé que la création d'une zone-tampon en Syrie évoquée par les Occidentaux et la Turquie pour accueillir les réfugiés, est "irréaliste". - afp.com

avec AFP

Le président Bachar al-Assad a reconnu que son régime n'avait pas encore gagné la bataille qu'il mène contre les rebelles et que ce combat prendra «du temps», selon des extraits d'une interview diffusés mercredi.

«Je peux résumer (la situation) en une phrase: nous progressons, la situation sur le terrain est meilleure mais nous n'avons pas encore gagné, cela nécessite encore du temps», a-t-il dit dans cette interview à la chaîne privée pro-régime Ad-Dounia qui la diffusera in extenso mercredi soir.

Les défections, un «auto-nettoyage» salvateur

Concernant la création d'une zone tampon en Syrie évoquée par les Occidentaux et la Turquie pour accueillir les réfugiés, il a estimé que cette idée était «irréaliste». «Je pense que parler de zones tampons n'est premièrement pas [une option qui est] sur la table, et deuxièmement c'est [une idée] irréaliste même pour les Etats hostiles et ennemis de la Syrie», a-t-il affirmé.

Le chef d'Etat contesté a raillé par ailleurs les défections qui ont secoué son régime ces derniers mois, estimant que le pays est désormais «nettoyé» des personnes dénuées selon lui de patriotisme. «Les gens patriotes et les gens bien ne s'enfuient pas, ne quittent pas la patrie. Finalement, cette opération est positive, c'est une opération d'auto-nettoyage de l'Etat premièrement et de la nation en général».

Hommage à «l'héroïsme» de l'armée régulière

Il a de nouveau rendu hommage à l'armée régulière et aux forces de sécurité qui, en combattant les rebelles à travers le pays, «mènent des actes héroïques».

Le président, qui se targue du soutien de la majorité de la population, a estimé que «malgré les nombreuses erreurs, il existe un lien solide» entre le régime et le peuple syrien. «Tout le monde est inquiet pour sa patrie, c'est normal. Mais ils (les anti-régime) ne parviendront pas à disséminer la peur, ils n'y parviendront jamais», a-t-il souligné.

«Je dis aux Syriens, le destin est entre vos mains et pas entre les mains d'autrui», a-t-il ajouté. Le régime de Damas accuse l'opposition et la rébellion de complot financé et soutenu par des pays comme l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie pour semer le chaos en Syrie.