Yasser Arafat le 27 septembre 2004 à Ramallah.
Yasser Arafat le 27 septembre 2004 à Ramallah. - HUSSEIN HUSSEIN/SIPA

Nicolas Bégasse

Alors que la dépouille de Yasser Arafat attend toujours d’être exhumée dans le but de subir des analyses avec l'accord de sa veuve en raison de soupçons sur les causes de son décès, le site Slate.fr publie ce mardi le compte rendu d’hospitalisation de l’ancien leader palestinien, mort en novembre 2004 après avoir été hospitalisé à Ramallah puis à l’hôpital militaire Percy de Clamart, en France.

Dans son article, le journaliste-médecin de Slate retranscrit la lente détérioration de l’état du patient Arafat, passé pendant les dernières semaines de sa vie par de graves troubles intestinaux, une raréfaction pathologique du nombre de ses plaquettes sanguines et, au fil des jours puis des semaines, un grave affaiblissement et une altération de son état général. Apparus le 12 octobre 2004, ses symptômes s’aggraveront jusqu’à sa plongée dans le coma le 3 novembre et son décès huit jours après.

Un autre poison plus probable

Le document médical montre aussi que les médecins français ne sont pas parvenus à établir un diagnostic précis, malgré leur effort en ce sens: de très nombreux examens ont été réalisés lors de l’hospitalisation en France de Yasser Arafat, «du moins dans les limites de ce qu’autorise l’état de santé de leur malade», précise Slate.fr. Il est d’autant plus étonnant qu’aucune autopsie n’ait été ordonnée après la mort du dirigeant palestinien – une décision prise sans justification.

La découverte, par un laboratoire suisse en juillet dernier, d’un «niveau significatif» de polonium sur les effets personnels du dirigeant palestinien rend d’autant plus regrettable l’absence d’autopsie. Mais le compte rendu d’hospitalisation indique qu’un empoisonnement de Yasser Arafat à l’aide de cette substance radioactive est improbable: plusieurs types de rayonnements radioactifs avaient été recherchés dans les urines du patient, mais aucun n’avait été décelé. Or, explique Slate, si des traces de polonium ont pu être retrouvées sur les effets personnels de Yasser Arafat huit ans après sa mort, la présence du poison radioactif aurait forcément été décelée lors de ces analyses, pratiquées quelques jours avant la mort du leader palestinien –même si l’auteur de l’article admet que, l’interaction de l’organisme humain avec le polonium ayant rarement été observée, on ne peut exclure cette théorie à 100%.

Une autre théorie est mentionnée par Slate, qui serait compatible avec les symptômes du patient Arafat: un empoisonnement à l’aide d’une autre substance, en l’occurrence les toxines de champignons vénéneux (amanite phalloïde ou cortinaire des montagnes). Maintenant que la veuve de Yasser Arafat et que l’Autorité palestinienne ont donné leur accord à un examen de la dépouille de l’ancien dirigeant, il existe désormais un espoir bien tangible de découvrir, huit plus tard, la véritable raison de la mort de Yasser Arafat.