Une Convention républicaine sous haute sécurité

ETATS-UNIS – Terre, mer, air: Tampa a mis le paquet...

Philippe Berry

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Un check-point sécurité à Tampa, en Floride, lors de la Convention républicaine, le 26 août 2012.

Un check-point sécurité à Tampa, en Floride, lors de la Convention républicaine, le 26 août 2012. — S.NESIUS

De notre envoyé spécial à Tampa

«Si vous ne voulez pas vous faire tirer dessus par un sniper, il vaut mieux marcher de l'autre côté du grillage.» Le conseil d'un agent de sécurité à un technicien télé, dimanche, donne le ton: Downtown Tampa s'est transformé en centre-ville fortifié, alors que la Convention républicaine s'y tient de mardi à jeudi, après une journée de lundi réduite au strict minimum à cause de la tempête Isaac.

 

Le dispositif a déjà permis d'intercepter un homme avec une machette en fin d'après-midi. De mémoire récente, on n'avait pas vu un tel niveau de de sécurité depuis l'investiture de Barack Obama en janvier 2009.

 

Trois check points

 

Le système repose sur trois cercles concentriques. Une première zone sans voiture s'étend sur environ 1 km². Des barrages de véhicules militaires éconduisent les touristes. L'axe principal pour pénétrer la forteresse est, avec une ironie certaine, le boulevard John Kennedy.

Quelques blocs plus loin, un long grillage entoure les environs de la convention. Les rares points d'entrées sont surveillés par une trentaine de membres de la garde nationale équipés d'armes automatiques. Pas de badge, on ne rentre pas. Enfin, l'accès au Convention Center et à l'arène sportive du Tampa Bay Forum est protégé par des détecteurs de métaux et des chiens renifleurs d'explosifs.

Au total, les 1.000 policiers de Tampa vont être épaulés par 3.000 renforts venus du reste de l'Etat. Des hélicoptères et des bateaux patrouilleront en permanence, notamment autour de 15 ponts voisins.

«Jusqu'ici, tout va bien», confie un membre du Secret Service supervisant les opérations. «La seule chose contre laquelle on ne peut rien, c'est la pluie et le vent», sourit-il

Les opposants parqués

Pour éviter des débordements comme il y a quatre ans, les organisateurs ont pris les devants. Ils ont créé des «event zones» dans lesquelles les opposants sont autorisés à manifester pendant 90 minutes. Ils peuvent en revanche rester toute la journée dans les parcs voisins.

Dimanche, environ 200 manifestants ont donné de la voix. Ils reprennent les grands thèmes des indignés d'Occupy Wall Street, opposant les 99% au 1% les plus riches dont Romney veut, selon eux, protéger les intérêts au détriment de la classe moyenne et des plus pauvres.

«C'est important d'être là. Le refrain des baisses d'impôts, c'est un disque rayé qu'on a déjà entendu sous Bush, et on sait ce que ça a donné», confie Claire, une étudiante venue de la Louisiane voisine. «Et à titre plus personnel, sur l'avortement ou la santé, le parti républicain est celui de la régression», conclut-elle.